Vaste question ! Mais au fait, c’est quoi le bonheur ? Comment ça marche dans notre tête ? Décryptage
L’arrivée des nuages et du mauvais temps
Dès que, et si, le néocortical ne prend pas le relais, l’état d’urgence permanent s’installe : « c’est le malheur ». Les substances chimiques mentionnées deviennent des poisons. La peur (fuite) devient de l’anxiété, la colère (lutte) devient de l’agressivité, l’abattement (inhibition) devient de la tristesse ou de la dépression.

Le Néocortex traite les données rationnelles et les partages avec les 2 autres © Cristina Conti
Exemple d’un micro événement de la vie quotidienne
- Éléonore voit une pub pour un produit amaigrissant.
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Son cerveau limbique, très binaire, lui envoie des pensées automatiques qui entrainent un trouble émotionnel conscient ou inconscient : « je suis grosse, je n’ai pas de volonté, ça ne marchera pas, je ne suis qu’une grosse nulle… »
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Son cerveau néocortical, plus subtil, lui n’est pas d’accord : « plein de personnes fortes sont heureuses » ou « ces kilos ne sont que passagers », etc. Bref, il dédramatise et nuance l’embonpoint d’Éléonore.
Ce désaccord (sorte de mini « état d’urgence ») se traduit par un air renfrogné et, s’il l’emporte, verra donc la victoire du néocortex. La gestion de la crise ne sera même pas intervenue au niveau de la conscience d’Éléonore ! Le « bonheur » continue.
La carte corporelle de vos émotions révélée
En revanche, si les pensées automatiques ne sont pas relayées par l’intelligence (donc, le néocortex), le reptilien continue à sonner le signal d’alarme pour avertir que limbique et néocortex ne sont pas d’accord : « Messieurs, choisissez : fuite, lutte ou inhibition ? Débrouillez-vous ! Mettez-vous d’accord ! » Éléonore restera alors en permanence, et sans raison objective, en état d’urgence, c’est-à-dire, sous l’emprise :
- soit de la peur (qui va alors se transformer en anxiété) ;
- soit de la lutte, de la colère (qui va alors se transformer en agressivité, en esprit de compétition exacerbé…) ;
- soit de l’abattement (qui va alors se transformer en tristesse ou dépression).

© graphbottles
Le malheur s’installe alors…
Avec une possible arrivée (logique) d’éventuelles complications physiques. En effet, les substances (adrénaline, cortisol, etc.) libérées par l’organisme pour parer au danger censé être de courte durée se transforment en poisons, puisque diffusées en permanence, alors qu’il n’y a pas de danger objectif pour Éléonore.
Donc, « ce ne sont pas tant les faits (son surpoids, en l’occurrence) qui la font souffrir que l’idée qu’elle s’en fait ».
Le bonheur en résumé par Christian Boiron
« Le bonheur, c’est le fonctionnement harmonieux des trois cerveaux, chacun fait son travail. En cas de danger décelé par le cerveau limbique (réflexe inné ou acquis), le cerveau reptilien déclenche une émotion destinée à provoquer une réaction adaptée. Cette émotion de stress (fuite, lutte ou inhibition) a vocation à être de courte durée et à s’éteindre avec la fin de l’alerte.
Chez l’Homme, ce mécanisme s’est complexifié avec le développement de l’intelligence corticale. Donc, quand l’intelligence est en désaccord avec une pensée automatique, le cerveau reptilien déclenche un état d’urgence de l’instinct qui provoque des émotions : de l’anxiété ou de l’agressivité ou de la tristesse. Des comportements pathologiques sont alors générés : alcool, drogues, médicaments… »
La maladie arrive… « Je vais mal, tout va mal ! »
On voit ainsi qu’il faut se méfier des émotions que notre société a tendance à valoriser et à glorifier à outrance. Certes importantes pour agir, vivre et donner du sel à la vie, elles sont à double-tranchant. Donc, « à consommer avec modération » et en connaissance de cause.
Pour conserver un état de bonheur, il faudrait donc — seul ou accompagné — réviser ou modifier ses programmes automatiques de pensée et d’action au lieu d’aller chercher à l’extérieur de soi la cause et la solution à ses problèmes. Souvent, à cause de ces pensées automatiques, on est en état d’urgence chronique : le bonheur est occulté.
Dès lors, pour faire croire à la conscience que tout va bien, que fait-on ? On compense en cherchant le plaisir et de nouvelles sensations qui vont en appeler d’autres, etc. On tourne en rond, on se trompe de chemin : le plaisir sans le bonheur, c’est le miroir aux alouettes !
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