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70.000 animaux bloqués sur des bateaux à cause de la guerre en Iran

La guerre autour de l’Iran provoque une crise inattendue : des dizaines de milliers de vaches, moutons et chèvres restent bloqués sur des navires immobilisés près du détroit d’Ormuz. Sans savoir quand leur voyage prendra fin.

  • Anton Kunin
  • 9 mars 2026

Derrière cette crise géopolitique se dessine une catastrophe silencieuse pour le bien-être animal : des vaches, des moutons et des chèvres coincés dans des conditions déjà précaires, sans savoir quand leur voyage prendra fin.

Des animaux bloqués sur des bateaux près du détroit d’Ormuz

Depuis début mars 2026, la guerre autour de l’Iran perturbe profondément la navigation maritime dans le golfe Persique et la mer Rouge. Au coeur de cette crise se trouve le détroit d’Ormuz, passage stratégique du commerce mondial désormais paralysé par les tensions militaires. Cette situation a immobilisé de nombreux navires, dont plusieurs bateaux transportant des animaux destinés à l’élevage ou à l’abattage dans différents pays du Moyen-Orient. Selon l’association Robin des Bois, spécialisée dans la défense de l’environnement et la surveillance des transports maritimes, environ 70.000 animaux d’élevage – principalement des vaches, des moutons et des chèvres – sont actuellement bloqués à bord de navires dans la région.

La paralysie du détroit d’Ormuz a entraîné un phénomène spectaculaire : des centaines de navires incapables de poursuivre leur route. Les tensions militaires ont perturbé le trafic maritime mondial dans cette zone stratégique, obligeant de nombreux navires commerciaux à attendre ou à modifier leur itinéraire. Parmi eux figurent plusieurs bateaux bétaillers, ces navires spécialisés dans le transport d’animaux vivants sur de longues distances. Au moins six navires transportant du bétail ont été identifiés dans la zone par l’association Robin des Bois. À bord, des milliers d’animaux destinés à des marchés du Moyen-Orient. Les cargaisons proviennent de différentes régions du monde. Les animaux embarqués sur ces navires ont été exportés notamment depuis l’Amérique du Sud, l’Europe ou la Corne de l’Afrique, avec pour destinations finales des pays comme l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, l’Irak, la Jordanie, Israël ou encore le Liban.

Cette situation pose un problème majeur. Les voyages de bétail sont généralement planifiés avec précision pour limiter la durée du transport. Lorsque les navires restent immobilisés en mer pendant plusieurs jours, voire davantage, l’approvisionnement en nourriture, en eau et en soins vétérinaires devient un défi logistique.

Une crise maritime majeure

Le blocage maritime dépasse largement le seul transport de bétail. Environ 3.000 bateaux seraient immobilisés autour du détroit d’Ormuz après sa fermeture partielle liée au conflit. La situation concerne aussi les équipages. Près de 20.000 marins se retrouveraient bloqués à bord de leurs navires dans la région, incapables de quitter la zone. À cela s’ajoutent environ 15.000 passagers de croisière immobilisés dans la même zone maritime.

Dans ce contexte extrêmement tendu, les armateurs ont pris une décision rare. Le 5 mars 2026, ITF, la fédération professionnelle du secteur du transport maritime, a classé le détroit d’Ormuz et ses alentours comme « zone d’opérations de guerre ». Pour les navires transportant des animaux vivants, cette situation est particulièrement préoccupante. Contrairement aux cargaisons classiques, les animaux ne peuvent pas simplement attendre indéfiniment dans les cales. Ils nécessitent une ventilation constante, des quantités importantes d’eau potable et de nourriture, ainsi qu’un suivi sanitaire. Lorsque ces conditions ne sont plus parfaitement assurées, le stress, les maladies et la mortalité peuvent rapidement augmenter.

Les animaux transportés en mer, une pratique très controversée

La crise actuelle met en lumière une pratique déjà vivement contestée par de nombreuses organisations de protection animale : le transport international d’animaux vivants par bateau. Ces voyages peuvent durer plusieurs semaines. Les animaux sont généralement entassés dans des ponts fermés, avec une densité élevée, ce qui entraîne des problèmes de chaleur, d’hygiène et de stress. Les défenseurs des animaux dénoncent régulièrement les conditions de transport, estimant qu’elles provoquent souffrance et mortalité.

Dans un contexte normal, les navires disposent de réserves de nourriture et d’eau calculées pour la durée prévue du voyage. Mais lorsque les itinéraires sont bouleversés par une guerre ou un blocage maritime, ces stocks peuvent devenir insuffisants. L’immobilisation prolongée de navires dans des zones chaudes comme le golfe Persique ou la mer Rouge peut aggraver ces difficultés. Les températures élevées, combinées à l’humidité et à la promiscuité, constituent un risque majeur pour la santé des animaux.

Robin des Bois, une association engagée pour les animaux depuis quarante ans

Cette alerte sur les animaux bloqués en mer provient de l’association française Robin des Bois. Fondée en 1985, elle agit pour la protection de l’environnement et des populations à travers des enquêtes, des rapports et des interventions auprès des autorités. Robin des Bois s’est notamment fait connaître pour son travail d’analyse sur les navires, les cargaisons dangereuses et les risques environnementaux liés au transport maritime. L’association surveille également le commerce international d’animaux et les conditions de transport par bateau. Elle participe par ailleurs à plusieurs instances internationales liées à la protection de la biodiversité, notamment la Convention sur le commerce international des espèces menacées et la Commission baleinière internationale.

Dans le cas actuel, Robin des Bois suit les déplacements des navires bétaillers dans la région et tente d’alerter l’opinion publique sur les risques encourus par les dizaines de milliers d’animaux bloqués en mer. Alors que la crise militaire autour de l’Iran continue de perturber le trafic maritime mondial, le sort de ces animaux dépend désormais de l’évolution de la situation dans le détroit d’Ormuz et de la capacité des navires à reprendre leur route vers leurs ports de destination.

Lire aussi 
Le chiffre ahurissant des transports d’animaux dans le monde

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