>>>Suite de l’interview de Julie Lescieux sur les questions du végétarisme et de son impact sur l’environnement.
consoGlobe : que reproche-t-on à la viande actuellement ?
J.L : pour ne parler que du point de vue écologique, le secteur de l’élevage est un secteur très polluant : il représente à lui seul 18% des émissions de gaz à effet de serre, et 80% de la déforestation amazonienne.
Il entraine également un important gâchis de nourriture : les animaux d’élevage consomment plus de protéines qu’il n’en produisent, soit 7 kg de protéines végétales sous forme de céréales et de fourrage vert pour 1 kg de protéines animales.
En d’autres termes, ce sont 40% des céréales cultivées dans le monde qui sont destinées à l’alimentation des animaux d’élevage. Cette nourriture permettrait de couvrir 14 fois la pénurie mondiale de nourriture.
Au niveau de la pêche, le bilan n’est pas plus écologique : pour obtenir 1kg de poissons d’élevage, il faut, pour les nourrir, 2 à 6 kg de poissons sauvages pêchés et transformés en farine.
Concernant l’eau, produire 1kg de boeuf nécessite 50 fois plus d’eau que produire 1kg de céréales. D’après les chiffres FAO, une seule journée sans manger de produits animaux permet l’économie de 5000L d’eau (soit une centaine de douches).
consoGlobe : le végétarisme est-il une solution pour lutter contre le réchauffement climatique selon vous ?
J.L : c’est même la meilleure solution !
Tout est lié, plus nous diminuerons notre consommation de produits animaux, moins nous produirons de CO2 et de méthane, moins nous aurons besoin de détruire les forêts pour planter le soja OGM destiné aux élevages, ou de construire des fermes-usines polluantes…
Nous serons plus aptes à rééquilibrer le partage des ressources et des surfaces terrestres, et à réduire la pollution des sols et des eaux. Il ne faut pas oublier que si les élevages intensifs sont apparus, c’est à cause d’une trop grande demande en produits animaux.
Notre surconsommation de viande, de lait et d’oeufs a déséquilibré complètement l’équilibre planétaire.
A l’heure actuelle en France, la question est même devenue politique : la campagne pour des Lundis Végétariens en restauration collective menée par le collectif Viande.info a été débattue le 19 mai à Paris entre députés et dirigeants associatifs.
Ces lundis sans viande sont déjà mis en place dans les cantines scolaires de façon hebdomadaire dans le 2nd arrondissement de Paris, et de façon trimestrielle à Strasbourg. (voir aussi Le jeudi végétarien s’installe à Bruxelles)








