Le plaisir de manger fait… maigrir

 Le plaisir de manger fait... maigrir

Se faire plaisir en mangeant : voilà l’une des 3 fonctions de l’alimentation. Mais de quel plaisir s’agit-il vraiment ? Celui de manger beaucoup, ou celui de manger bien ? Et comment peut-on l’associer au fait de perdre du poids ? Explications.

Le plaisir des sens, allié d’une meilleure alimentation

Le plaisir de manger n’est pas une notion aussi facile à définir qu’on le pense.

S’il est l’objectif majeur des consommateurs, il est souvent contrecarré par plusieurs comportements qui amènent presque tous au… manger trop (donc à la prise de poids), et finalement au dé-plaisir – exactement l’inverse de ce qui est recherché.

Ce manger trop passe essentiellement par des tailles de portions trop grandes. Elles seraient donc un frein au vrai plaisir alimentaire. Alors pourquoi mange-t-on plus alors qu’on cherche juste à se faire plaisir ?

Les faux plaisirs alimentaires font manger trop

Le chercheur Pierre Chandon, professeur de marketing, innovation et créativité à l’Insead, spécialisé sur l’alimentation, a étudié ce phénomène. Il a déterminé 2 raisons qui font choisir des portions plus grandes, au dépend du plaisir alimentaire :

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“Lorsqu’ils choisissent une taille de portions, les consommateurs se basent avant tout sur le rassasiement perçu : “Aurai-je encore faim ?”, et sur la valeur perçue : “Avec une grande portion, je fais une bonne affaire”, explique-t-il.

Nous en rajoutons une troisième : la (soi-disant) gourmandise : “Quand c’est trop bon, j’en reprend une, voire deux fois”.

Résultat dans ces 3 cas : on mange trop, et pour des raisons qui sont finalement assez éloignées du vrai plaisir alimentaire.

Le vrai plaisir alimentaire est sensoriel

Car le vrai plaisir alimentaire est celui basé sur les sens - et non pas sur les quantités ingérées.

Les sens peuvent être sollicités à 2 moments  :

1- pendant le repas, avec la dégustation et le manger en conscience

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Tout commence par la vue de l’aliment, puis par ses parfums respirés, puis par les sons émis lors de sa mise en bouche, puis par les flaveurs dégagées en bouche, et finalement par les dernières saveurs après l’avoir avalé, en arrière-bouche.

Le résultat de cette dégustation, qui fait obligatoirement ralentir le rythme d’ingestion, mieux macher pour mieux apprécier, est de manger moins. Un phénomène largement étudié et connu, préconisé dans les méthodes d’amaigrissement qui ne sont pas des régimes.

2- avant le repas, avec l’imagerie sensorielle

L’imagerie sensorielle est le fait d’imaginer l’odeur, le goût, et la texture des aliments avant de les ingérer.

Pierre Chandon a mené une étude expérimentale sur les conséquences de cette imagerie sensorielle sur la taille des portions, donc du poids, et du vrai plaisir alimentaire. La nouveauté est là.

Il a incité des adultes et enfants français et américains, en laboratoire, à l’école, et en restaurant expérimental, à prendre en compte le plaisir sensoriel dans leur choix de portions.

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Concrètement, il leur fallait simuler le plaisir des sens procuré par les plat proposés : quel goût, quel odeur, quel texture et finalement quel plaisir cet aliment va-t-il procurer chez eux ?