Petite chronique écologique de La Plagne

Petite chronique écologique de La Plagne

Voici une petite anecdote d’hiver qui montre que les montagnes françaises ne sont pas toutes «vertes », loin de là. Notre rédacteur à La Plagne nous fait part de ses observations, anecdotiques mais révélatrices.

La Plagne sous le soleil exactement

Aujourd’hui à Aime La Plagne, soleil radieux et bleu du ciel éblouissant. Domaine skiable fabuleux ! On se laisse convaincre d’aller visiter, à pied, la Grotte de Glace sous le glacier de la Chiauppe à 3470 mètres d’altitude.

Un périple de 2 heures commence : le métrobus (des « oeufs ») nous amènent à la gare routière. Un bus de grande taille attend ses passagers. Ce n’est pas le nôtre. Nous attendons 20 minutes. Le bus attend lui aussi, tout moteur allumé et nous respirons ses bons gaz d’échappement de diesel. Visiblement, on n’a jamais appris à ce chauffeur à couper son moteur.

Notre bus arrive : même topo. Nous montons et attendons d’autres passagers. Notre chauffeur refuse de répondre à une femme anglaise qui lui demande son chemin. Il laisse, lui aussi tourner son moteur. Serait-ce pour conserver de la chaleur dans le bus ? Pas du tout puisque les portes sont grand ouvertes. Après 10 minutes de fumée, nous voilà partis. Arrivée à Bellecotte : notre chauffeur se cale sur le bord de route et quitte le bus avec les passagers. Devinez quoi ? Il laisse le moteur tourner. Le prochain départ est dans un quart d’heure : pourquoi éteindre le moteur pour si peu ?

Photo : skipass

Après un parcours en télésiège pour nous monter à 3400 mètres (24€ juste pour ça…) nous voici à la fameuse Grotte de glace. Un jeune guide nous indique que le glacier sous lequel est la grotte a reculé de 15 mètres en 2 ans et que le glacier était « beaucoup beaucoup plus avancé avant ». Un moment j’ai envie de lui parler de ses collègues chauffeurs, là-bas, en bas..

Allons visiter. 4 euros l’entrée. Première surprise en entrant : cette grotte n’est pas du tout une grotte naturelle mais a été creusée à main d’homme. On visite : de longs couloirs amènent à des salles où de magnifiques animaux de glace nous contemplent : éléphants, tigre-sabre, … figés dans une posture minérale. Des photos montrent les artistes et le chantier d’excavation. Des légendes sont fières de nous annoncer que 1000 m3 de glace ont été sortis du glacier. On repart, dépités : bravo pour les artistes de la glace mais on croyait voir une cavité naturelle et pas des galeries sous un glacier menacé par le réchauffement.

Chemin du retour : la navette arrive. La navette fait une pause…moteur allumé, ce n’est plus une surprise.

Retour dans notre appartement de location : nous sommes à 2000 mètres et il fait -3°C ce soir. Surprise : pas d’isolation correcte ; on chauffe comme des fous mais on pourrait voir les calories se faire la belle ; on sent le froid entrer dans l’appart’.

Ce soir, c’est moi qui suis de corvée de poubelles. Surprise, il n’y a pas de tri sélectif ici. Nous qui avons l’habitude de trier les déchets dans des poubelles différentes, cela nous fait tout bizarre de tout jeter dans le même sac et dans le même vide-ordures collectif.

Demain, retour aux joies des pistes balisées. Nous sommes un peu perplexes : on ne comprend pas la logique des « locaux ». Les montagnards vivent de la neige, du glacier, du climat, et … des touristes mais globalement leurs actes ne vont pas dans le sens de la préservation de leur patrimoine. Ici, la mairie doit avoir d’autres soucis que de rénover une station, superbe, mais qui commence à trop dater. Vive le ski !

 

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