Pendant l’été, l’administration passe à l’attaque

Pendant l'été, l'administration passe à l'attaque

Les vacances d’été touchent à leur fin pour les plus nombreux d’entre nous et l’heure est déjà aux bilans touristiques. Un bilan très mitigé cette année, du fait de la météo morose et d’un sentiment généralisé d’incertitude économique. Dans ce contexte, le surcroît d’activité de l’administration pendant l’été n’est pas passé inaperçue.

Recrudescence des contrôles sanitaires dans l’alimentation

Comme tous les été, les services de l’Etat ont fait du zèle et ont encore renforcé leurs contrôles cet été. En ligne de mire des fonctionnaires, le secteur de la restauration et notamment celui des restaurants des centres de vacances. A également été particulièrement contrôlée la vente de produits locaux aux touristes.

“Jusqu’au 31 août, les inspecteurs de la répression des fraudes ciblert principalement leurs contrôles sur les ventes ambulantes, la restauration des aéroports et les plateaux repas, la restauration dans les bateaux de croisière, les centres de vacances, les cures thermales et les campings, mais aussi la vente des produits à la ferme et sur les marchés locaux, les fermes-auberges et les tables d’hôtes”.

L’objectif officiel est de garantir la sécurité sanitaire  des aliments.  Ce serait donc rassurant pour le touriste que nous sommes.

La Dépêche a suivi les inspecteurs :  “Côté cuisine, nous effectuons une prise de température en chambre froide et dans les armoires réfrigérées. à l’aide d’un thermomètre à sonde homologué, nous prenons la température à cœur. Les plats cuisinés, par exemple, ne doivent pas être entreposés à plus de 4°C. » Origines des viandes bovines, « à la vue des clients », huile de friture vérifiée, « ne devant pas dépasser 25 % de composés polaires », carte des vins, propreté, loyauté des appellations, la liste des points de contrôle en restauration est longue.

« Les mesures que nous avions notifiées les années passées ont été respectées ici. » Bien qu’une partie du matériel de réfrigération soit usée, la propriétaire a réaménagé la partie restauration l’hiver dernier. « Un coût assez élevé qui ne permet pas d’investir dans une cellule de refroidissement par exemple. »”

Des contrôles administratifs trop tatillons ?

Le répressif Dgccrf en 2008En 2011, plus de 26 000 inspections avaient été menées dans toute la métropole. Bilan : 233 procès-verbaux,  2,3 tonnes de marchandises retirées et 87 établissement carrément fermés, dont plus de la moitié en restauration commerciale !

Les fonctionnaires de la Dgccrf n’y vont pas de main morte et ce n’est pas du goût (sic) de tout le monde : “on voit des types débarquer avec leur carte bleue-blanc-rouge, qui inspecte tout, y compris les détails d’une réglementation complexe. On se fait épingler pour des broutilles qui nous coûtent cher et qui ne nuisent en rien à nos clients ! On tombe sur des inspecteurs avec des ornières, des types qui n’ont jamais piloté un restaurant de leur vie et qui sont rigides comme des bâtons. ça énerve, et c’est très frustrant.” se plaint Arnaud, restaurateur dans le sud-ouest et qui veut garder l’anonymat.

Les infractions qui nuisent au consommateur

Parmi les infractions les plus fréquemment constatées, celles relatives à la qualité desproduits alimentaires viennent en tête :‐ hygiène et conservation des aliments :

  • denrées avec des dates limites de consommation dépassées,
  • congélation illicite ou avec du matériel inadapté, non‐respect des règles de température et/ou absence de thermomètre dans les réfrigérateurs ou les chambres froides ;
  • fausses mentions valorisantes sur l’origine (“régional”, “fermier”), le type de fabrication(“maison”, “du chef”) ou sur la nature même des produits (jambon pour de l’épaule).

On aime : les contrôles protègent les consommateurs des fraudes, des tromperies et du danger d’insalubrité. Ils permettent de débusquer les restaurateurs indélicats.

On aime moins : le zèle d’une administration qui méconnaît la réalité des entrepreneurs et dont les amendes sont souvent vécues comme abusives, voire contre-productives.

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Je réagis

La note de la dgccrf sur les obligations administratives imposées aux restaurateurs  : : http://www.economie.gouv.fr/files/files/directions_services/dgccrf/documentation/ete_2012/restauration.pdf