À Pau, le forage offshore enterre la COP 21

Du 5 au 7 avril, les principaux exploitants pétroliers sont réunis à Pau pour discuter des possibilités d’exploitation des forages en eaux profondes. Cette exploitation va à l’encontre des engagements pris lors de la COP21 de diminuer l’exploitation des énergies fossiles.

À Pau, le forage offshore enterre la COP 21

La ville de Pau connaît des jours agités cette semaine. Elle abrite du 5 au 7 avril le sommet MCE-DD sur la « construction sous-marine et le développement en eaux profondes », autrement dit le forage offshore. Les grandes compagnies pétrolières et gazières de la planète se retrouvent pour partager leurs recherches sur l’exploitation du pétrole offshore et les possibilités d’en abaisser le coût.

Pau abrite le centre de recherches de Total, qui accueille les participants. Total cherche à sécuriser ses approvisionnements sur le pétrole offshore, alors qu’il s’apprête à creuser le plus gros forage, à une profondeur de 3.400 mètres sous l’eau, au large de l’Uruguay.

pétrole offshore

Plusieurs associations de protection de l’environnement se sont retrouvées sur le site pour protester contre ce qu’elles considèrent comme une violation des accords de la COP21. 300 militants se sont rassemblés le 5 avril dernier pour protester pacifiquement face aux forces de l’ordre, devant les portes du congrès.

L’appel de Pau contre le forage en eaux profondes

Un collectif de plusieurs ONG locales et nationales se sont réunies pour lancer l’ « appel de Pau » : parmi elles, 350.org, Les Amis de la Terre, Surfider Foundation ou Alternatiba.

« Tout juste ratifié, l’Accord de Paris et son objectif de maintenir le réchauffement « bien en-deçà des 2°C » court le risque d’être noyé en eaux profondes. Les engagements de la COP21 doivent passer des promesses diplomatiques aux réalités concrètes. Nous devons définitivement tourner la page des combustibles fossiles. Entre le sommet de Pau et le climat, il faut choisir ! Appel de Pau : stop aux forages en eaux profondes !

En effet, elles considèrent que 80 % des ressources disponibles devraient rester dans les sous-sols pour éviter une trop forte augmentation de la température. Pour respecter les engagements de la COP 21, c’est du moins ce qui devrait être fait.

Les ONG accusent les entreprises de vouloir forer toujours plus loin et plus profond, pour une énergie plus chère, au lieu de développer la recherche sur les énergies renouvelables. La mobilisation reste forte contre les gaz de schiste et le forage offshore, qui nécessitent des moyens particulièrement importants et représentent des dangers majeurs pour l’environnement.

Elles en appellent au gouvernement à supprimer toute aide à la recherche sur les énergies fossiles et à suspendre toute autorisation de permis de forage pour les compagnies pétrolières. Cet appel sera-t-il entendu étant donnée la manne financière que représente le secteur pétrolier pour l’État français ?