La myrrhe – au fait, ça sert à quoi ?

La myrrhe - au fait, ça sert à quoi?

« Ils entrèrent dans la maison, virent le petit enfant avec Marie, sa mère, se prosternèrent et l’adorèrent ; ils ouvrirent ensuite leurs trésors, et lui offrirent en présent de l’or, de l’encens et de la myrrhe. » Signe de l’importance considérable que l’on accordait à cette résine d’arbre aromatique des régions arides du nord-est de l’Afrique et du sud de la péninsule arabique, la myrrhe fut donc l’un des précieux présents que les trois Rois Mages apportèrent au Christ nouveau-né. A quoi s’en servait-on hier et à quoi peut-elle vous servir encore aujourd’hui ?

Pour les Rois Mages, baume cutané et symbole de vie

Il y a deux mille ans, la myrrhe était connue pour ses propriétés antiseptiques, cicatrisantes et anti-inflammatoires. Utilisée par les Grecs comme baume pour nettoyer les plaies de combat et prévenir les infections, les soldats étaient réputés toujours en porter avec eux sur le champ de bataille. Au Moyen-Orient, on s’en servait pour soulager l’eczéma, les douleurs rhumatismales, les hémorroïdes, les inflammations et les irritations de la peau.

Dans l’Égypte ancienne, la myrrhe a été utilisée pour traiter le rhume des foins et l’herpès. Son usage s’étendait à l’Inde – traitement de la gingivite, des ulcères buccaux, et de la pharyngite – et à la Chine, où elle fait encore partie de la pharmacopée traditionnelle, notamment pour stimuler la circulation du sang et favoriser le cycle menstruel.

poinsettia-rois-mages-epiphanie-noelLiée donc à l’idée de vie et de purification, elle symbolise la réconciliation entre les hommes, l’amour de la vie sur terre, et la préparation d’une vie destinée à passer de la mort vers la vie éternelle.

Pour vous aujourd’hui : du parfum d’ambiance à la lutte anti-cancer

Nos lointains aïeux ne s’étaient pas trompés, la myrrhe a des vertus tout à fait intéressantes dont vous pouvez encore bénéficier aujourd’hui, sous forme d’huile essentielle, de teinture ou de boulettes de résine.

Comme par le passé, son usage le plus commun aujourd’hui est pour le traitement des irritations des muqueuses de la bouche et de la gorge (gingivite, aphtes, etc.), irritations ou blessures cutanées légères. On appliquera à l’aide d’un coton-tige quelques gouttes non diluées de teinture sur les parties concernées (1:5, 90 % d’éthanol), 2 ou 3 fois par jour, en diluant pour les enfants. Et l’on s’en servira comme gargarisme ou rince-bouche en diluant de 10 à 15 gouttes de teinture (1:5, 90 % d’éthanol) dans environ 30 ml d’eau tiède.

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La recherche scientifique moderne commence par ailleurs à mettre en évidence d’autres avantages que la myrrhe peut offrir pour la santé, en notant que beaucoup de ces revendications demandent encore des études complémentaires :

  • Des propriétés anticancéreuses – des chercheurs chinois ont révélé dans le Journal of Medicinal Plants Researchque les extraits et les composés de résine de myrrhe peuvent être efficaces pour protéger le corps contre les cellules gynécologiques cancéreuses[1].
  • Des vertus antioxydantes – les auteurs d’une étude publiée dans la prestigieuse revue Food and ChemicalToxicology[2] ont constaté que la myrrhe était un « puissant antioxydant » pouvant protéger le foie contre l’intoxication due au plomb.

Par ailleurs, malgré un manque actuel de preuves scientifiques, de nombreuses personnes utilisent la myrrhe pour traiter l’eczéma, les ulcères, les maux de gorge, la toux, l’asthme, l’indigestion, les hémorroïdes et les douleurs articulaires. D’autres encore, associé à différents parfums, s’en servent dans les diffuseurs d’ambiance.

Attention aux effets secondaires

picto-etonnant-exclamationLa myrrhe n’est donc pas un produit anodin : il est recommandé de ne pas en consommer des quantités élevées. A dose élevée, la myrrhe peut susciter des réactions dermatologiques allergiques, causer de graves irrégularités cardiaques et de fausses couches chez les femmes enceintes, ou encore aggraver le niveau de fièvre, les problèmes et les saignements utérins.

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[1]http://www.academicjournals.org/jmpr/pdf/pdf2011/18April/Su%20et%20al.pdf / [2]http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/19818824

illustration bannière : © CC, Alsterdrache