La révolution du partage et des MOOCs bouleverse les cours d’HEC et de Polytechnique

Une autre manière d’apprendre et d’enseigner

Suivre un cours en ligne deviendra de plus en plus naturel. Dispenser le savoir en classe, ex cathedra, deviendra de plus en plus archaïque alors que le savoir est accessible partout.

La reverse education, solution à l’échec scolaire

education mooc Les spécialistes parlent de reverse education ou d’éducation inversée. En gros, on ne va plus en classe pour écouter et recevoir les connaissances pour ensuite faire des exercices à la maison. Il s’agit désormais d’apprendre chez soi, en utilisant autant de fois que nécessaire les textes ou vidéos proposés par le Mooc de l’école.

Le temps de la classe est utilisé pour discuter avec le prof ou pour faire des exercices avec d’autres élèves. Bref, la reverse education c’est le contraire de ce que pratique notre bonne vieille Education nationale au Collège ou au Lycée…

C’est pourtant une forme d’enseignement qui convient mieux à bien des enfants qui sont plus à l’aise avec un apprentissage à leur rythme, plus vivant et avec une interaction éducative plus riche avec les profs. Les profs n’ont plus besoin de préparer des cours qui reprennent les manuels et peuvent se consacrer entièrement à l’assimilation des connaissances et aux conseils personnalisés à distiller en classe.

Comment valider les connaissances quand on les diffuse ?

education-diplomeLe défi est grand pour les grandes institutions éducatives : comment valider le niveau des personnes qui suivent un cursus en ligne ? Comment contrôler des personnes qui sont à l’autre bout de la planète ?

L’approche « je vais en classe et je passe un examen sur place en fin de cursurs » a du plomb dans l’aile. C’est vers des systèmes de certification en ligne qui permettent de passer (et de valider) des niveaux que s’orientent les écoles pour permettre à leurs étudiants distants de faire reconnaître leurs efforts et assiduité.

Le risque d’une éducation low cost

education-moocLe risque est évident : celui de marchandiser trop des cours prestigieux (Harvard, HEC, …) pour les rentabiliser, au risque de les brader et de dégrader l’image de marque de l’école. Le risque fait penser à celui qu’encourent les marques de luxe qui se banalise trop (Cardin, Calvin Klein, …).

Bref, à tout et trop partager ne va-t-on pas banaliser puis déprécier un prestige éducatif et en faire un robinet à connaissances low cost et finalement peu formateur ?

Conscientes des risques, les grandes marques mondiales de l’éducation imaginent déjà des manières de maintenir leur réputation malgré le partage massif des connaissances.

Gratuit ? En général le principe de base des MOOCs est la gratuité pour tous.

C’est le cas par exemple du cours de l’école Enaco « Les clés du management interculturel en Europe« . Mais certaines écoles considèrent que leur qualité leur permet de faire payer les cours de professeurs prestigieux très cher payés. L’accès à l’examen, à la certification et au diplôme sont alors payants. Ainsi l’‘école Centrale propose un « certificat de réussite authentifié » contre 100 à 150 euros.

Et la France ? Un engouement croissant pour la connaissance en ligne

En effet, le 2 octobre 2013, la France a ainsi dévoilé son université numérique. Jouant sur un contexte porteur et sur la révolution des moyens de communication opérée par le numérique, le gouvernement a fait du numérique une priorité.

Université numérique

En France, la plateforme FUN France Université Numérique dédiée à nos universités a été créée à l’initiative du Ministère de l’Enseignement supérieur pour aider à trouver un MOOC adapté à chaque envie de formation. Contrairement à l’e-learning, les cours démarrent sur le principe de session, on ne peut pas décider du démarrage des cours.

La volonté affichée : donner une impulsion décisive à l’enseignement, en inscrivant le numérique comme levier d’une Université en mouvement. Les objectifs fixés sont : la réussite étudiante et l’élévation du niveau de connaissances et de qualification en formation initiale et continue. Alors, cet engouement est-il passager ?

picto-arbreLorsque l’on regarde la situation Outre-Atlantique, on peut sérieusement en douter. L’éducation collaborative va durer et se développer même si déjà apparaissent quelques limites à l’apprentissage massif en ligne. Cette évolution offre des promesses qui enthousiasment bien des professionnels de l’éducation et pas seulement les étudiants. La seule certitude qu’on peut avoir aujourd’hui est que le mouvement est irréversible.

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Je réagis

 

Moocs : attention aux droits d’auteur

En effet, se pose un problème récurrent dans le partage des cours en ligne : les droits d’auteurs. Les notes des étudiants, par exemple, qui seraient regroupées dans des espaces collaboratifs sont protégées. Si elles sont divulguées hors de l’école, ou si elles venaient à être vendues, cela présenterait un risque. Dans ce genre de cas, il semble opportun de mentionner le nom des personnes qui ont rédigé les cours et de demander une autorisation de publication. Droits d'auteurIl est donc utile de souligner que le droit d’auteur ne s’applique pas uniquement aux oeuvres littéraires.

La notion d’apport intellectuel a été retenue par la Cour de cassation, ce qui permet de protéger un rapport, une simple fiche technique ou encore une large gamme de productions intellectuelles. De même, les cours de l’enseignant sont protégés par le droit d’auteur, depuis la loi Dadvsi adoptée en 2006.

Les droits d’auteur des oeuvres créées dans le cadre de la mission de l’agent public appartiennent ainsi à leur administration de tutelle. On ne peut donc pas faire tout et n’importe quoi avec le partage de la connaissance sur internet. Autre élément pointé du doigt : une feuille d’exercice conçue pour une séance de travaux dirigés, en présence d’un enseignant, ne peut pas être postée telle quelle sur internet. Elle doit donner plus de précisions, plus de détails, ceux auxquels ont accès les étudiants en posant des questions à leur professeur. Difficile donc de jauger et de proposer les mêmes formats sur internet et en direct. Mais ces problématiques sont loin de décourager les volontés.

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 Retour au dossier : Le tour du monde de la consommation collaborative

 

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