L’érosion de la biodiversité enfin prise au sérieux ?

Consacrée année internationale de la biodiversité,  l’année 2010 touche à sa fin…  La mobilisation a été forte… Mais pour quels résultats ?

Notre dossier “Biodiversité en danger” montre que les menaces pesant sur de nombreuses espèces animales et végétales sont toujours et plus que jamais d’actualité….

Pour y répondre, un “Giec de la biodiversité” vient d’être lancé par les Nations Unies. Suffisant ?

IPBES : futur écran de fumée ou réelle avancée ?

A l’instar du Groupe d’experts Intergouvernemental sur l’Évolution du Climat (GIEC) crée en 1988, un organisme de coordination regroupant des experts scientifiques en matière de biodiversité a été lancé par l’ONU.

  • Son nom : l’IPBES, acronyme anglais pour Intergovernmental  Science-Policy Platform on Biodiversity and Ecosystem.
  • En français :  plate-forme intergouvernementale d’interface science – politique sur la biodiversité et les services écosystémiques

L’objectif de cette nouvelle instance serait ainsi et selon les propres mots du Ministère de l’écologie français “d’éclairer les décideurs politiques et le grand public sur les enjeux environnementaux, sociaux mais aussi économiques liés à la préservation de la nature.” En bref, on devrait retrouver pour ce nouvel outil de “prise de conscience” une structuration quasi identique au GIEC : création de groupes de travail, organisation d’assemblées plénières avec les parties prenantes (représentants de gouvernements, ONG…), publication de rapports sur l’état de la biodiversité et les scénarii envisagés pour son avenir, etc.

Le saviez vous ?

Selon de nombreux experts, la moitié des espèces animales pourrait avoir disparu d’ici la fin du siècle, nous amenant tout droit vers une sixième extinction de masse depuis celle des dinosaures…

Et, selon l’ONU*, le rythme actuel de perte d’espèces due aux activités humaines est “plus de 100 fois supérieur à celui de l’extinction naturelle” …

*source AFP

Biodiversité : la conférence de Nagoya aura été utile…

On peut le dire : fruit d’âpres négociations, la création de l’IPBES a été permis par la conférence des parties à la Convention sur la diversité biologique (CDB) qui s’est tenue à Nagoya (Japon) en octobre 2010.

  • Une fois n’est pas coutume, celle-ci a été synonyme de réussite, avec notamment la naissance du protocole APA (sur l’accès et le partage des avantages liés à l’exploitation des ressources génétiques).

Ne nous réjouissons cependant pas trop vite car la tâche ne s’annonce pas mince et pas simple, surtout que la biodiversité reste bien plus complexe à mesurer que le réchauffement climatique, en l’absence d’indicateurs objectifs.

N’oublions pas non plus que les futurs rapports de l’IPBES n’auront rien de prescriptifs et seront sans nul doute l’objet de controverses dès le lendemain de leur publication…

Après les climato-sceptiques, on voit déjà poindre les nez des biodiversito-sceptiques… A suivre donc !

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Rédigé par Pauline

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