Le vrai impact écologique du Tour de France

Le vrai impact écologique du Tour de France

L’impact écologique du Tour de France

Le Tour, un événement aux retombées incalculables

Le bilan carbone de chaque spectateur ou participant est imprévisible

Chaque changement de programme, comme une étape annulée, chaque caprice de la météo engendre des réactions de la caravane, des spectateurs, des agents de sécurité… impossible de mesurer avec exactitude l’impact environnemental du Tour.

Cela n’empêche pas de tenter de minimiser le coût écologique, notamment en essayant de contrôler les transports. Quelques – maigres – initiatives ont été prises.

Quelques initiatives pour réduire l’impact écologique du Tour de France

A l’occasion du Tour de France 2015, le ministère de l’écologie, du développement durable et de l’énergie propose de mettre en avant les espaces naturels traversés par les coureurs cyclistes. Étape par étape, le ministère propose de découvrir es sites Natura 2000, des parcs naturels régionaux et nationaux, et des réserves naturelles sur la route du Tour. Objectif : faire découvrir les richesses du patrimoine naturel français afin de mieux le préserver. Exemple d’initiative ponctuelle, locale, et qui se greffe sur le Tour plutôt que d’en faire partie.

impact écologique du tour de france

La prise de conscience s’est amorcée tardivement au sein des organisateurs du Tour. Comme l’explique Gérard Poujade en juillet 2012, de l’Arpe(1), « le nombre de véhicules diminue progressivement et les 2.200 cette année en circulation (autos, motos, camions) plafonnent leur vitesse à 80 km/h. Leurs conducteurs ont par ailleurs suivi une formation à l’éco-conduite. Il est impossible de calculer le bilan carbone des transports, même en ne tenant compte que de ceux générés par l’organisation du Tour : il suffit qu’un col soit fermé pour raisons météorologiques et les émissions engendrées par la réorganisation des déplacements dépasseront en un jour celles enregistrées sur toute la durée de la manifestation ».

Des initiatives mises au tri

En 2006, 2007 et 2008, le Tour de France et Ecoemballages avaient mené un partenariat de sensibilisation « ici aussi, je trie » pour inciter les spectateurs à trier et jeter leurs déchets, avec des ‘ambassadeurs’. Cette année, pas de trace d’initiative analogue. En 2006, c’est avec l’ADEME que le Tour s’était associé avec l’objectif de ramasser 12.000 tonnes de déchets pendant la compétition.

Hors du Tour

Le monde du vélo, hors du Tour, a pris quelques petites initiatives qui dénotent une prise de conscience. Lors du Tour Méditerranéen 2010, des coureurs ont ainsi porté un dossard vert pour montrer leur souci de l’environnement.

En 2009, l’équipe La Française des Jeux avait pris quelques initiatives intéressantes. La FdJ signalait que des bidons et des maillots de ses coureurs étaient recyclés : « les ‘cyclistes’ de maillots sont fabriqués à partir de bouteilles recyclées et dotés de poches-poubelles pour les emballages ». Les bidons eux aussi étaient « 100 % biodégradables et 100 % recyclables » selon  le site de L‘Equipe.

La caravane de la Française des Jeux se voulait verte et éco-responsable en mettant en avant quatre thèmes : le choix des véhicules et des objets publicitaires, le pelliculage et les vêtements des caravaniers.

Alors, au final, quel impact pour le Tour ?

Evidemment, il faut pour le Tour de France comme pour les autres méga événements sportifs tenir compte de l’impact positif sur l’économie locale, sans parler du moral et du simple plaisir que véhicule le sport.

Mais globalement, on manque de données scientifiques même si le sport commence à être un objet de recherche. Nous avons tiré quelques chiffres des travaux d’Andrea Collins(2).

Ce qui en ressort, c’est que les très grands événements sportifs ont un prix : des conséquences écologiques bien peu souhaitables mais bien réelles.

Et c’est donc sur le terrain moral, ou du moins de l’exemplarité, que pêche un Tour de France qui ne rime globalement pas avec éco-responsabilité. On aimerait que les coureurs eux-mêmes arrêtent de jeter leurs bidons, sacs, emballages au bord de la route, même si une partie est récupérée par le public. On aimerait que l’esprit du sport et d’une pratique saine du vélo soit mise au diapason du respect de la nature et des paysages français traversés par la compétition.

Le milieu du football se met cahin-caha au développement durable et depuis peu, l’ASO, l’organisation propriétaire du Tour cycliste, montre elle aussi un intérêt nouveau pour la question. Tant mieux pour le vélo qui reste synonyme de détente, d’activité saine, de transport non polluant.

Comment l’ASO et les collectivités coordonnent la gestion écologique du Tour

L’Arpe coordonne l’intervention des collectivités (départements, structures de collecte et de traitement), rencontrées en amont du Tour en préfecture, avec les représentants de l’organisateur (ASO), très soucieux de l’impact environnemental de la compétition dans les zones naturelles. Une cinquantaine de collectivités de montagne sont concernées cette année par le parcours(4).

Comment s’organise la récupération des déchets ?

Les équipes mobilisées par les acteurs publics locaux sensibilisent les spectateurs auxquels elles distribuent massivement des sacs(1). En plaine, le Tour traverse des zones ordinairement collectées par le service public.

En montagne, il s’agit de ne pas retrouver de déchets dans la nature, sur des sites non desservis par les gestionnaires de déchets. La difficulté consiste à capter les déchets des deux ou trois spectateurs itinérant en camping-car, qui se sont installés au bout d’un champ, à l’écart de la masse du public. Le dispositif est renforcé aux endroits particulièrement productifs (parcours de sprints, zones de délestage des coureurs de leur ravitaillement).