Le Khat : cette plante qui assoiffe tant le Yémen

Le Khat : cette plante qui assoiffe tant le Yémen

Le Khat, ou Qat, est une plante qui consomme beaucoup d’eau. Au point qu’aujourd’hui, elle menace les Yéménites de les priver d’eau, dans un pays qui flirte déjà constamment avec une aridité pesante. Zoom sur une plante que la soif étreint.

Le Khat : l’euphorie peut-elle faire taire l’appel de la soif ?

QatLe Khat est une plante euphorisante.

Les Yéménites en mâchent longuement les feuilles pour leur effet stimulant et euphorisant, comparable à celui de l’amphétamine.

Mais, les vertus euphorisantes de la plante induisent un lourd tribut à payer par le pays.

En effet, les plantations de qat absorbent plus de la moitié des ressources en eau du Yémen, déjà considéré comme l’un des pays les plus arides au monde.

Et pourtant, ces dernières continuent de s’étendre et de progresser sur un territoire où pauvreté et violence font rage.

Le Khat met le Yémen à sec

Qat 1Selon l’un des responsables de l’Autorité générale des ressources en eau, Omar Madhaji, « la culture du khat requiert 60 % des ressources hydriques du pays ».

Il faut savoir que la surface d’exploitation du qat est passée de 10 000 hectares au début des années 1970 à 167 602 hectares en 2012, soit une occupation de 12 % des terres arables.

Une ineptie lorsque l’on connait les difficultés des Yéménites à accéder à l’eau.

Le khat : une culture verdoyante

Qat 2Sanaa, la capitale Yéménite, située à près de 2300 mètres d’altitude est enserrée entre les monts rocailleux.

Mais lorsque l’on s’en éloigne un peu, on tombe sur des vallées verdoyantes où la culture du khat est intensive.

Dans les plantations, l’eau coule généralement à flot pour irriguer la rangée d’arbustes qui ressemblent à s’y méprendre à des ficus.

Une fois les branches coupées et les bouquets formés, la production sera envoyée au marché de Sanaa.

Le khat se cultive toute l’année

Consommateur QatLe khat est facile à cultiver, ce qui rend la tâche plus aisée. Sa cueillette se fait toute l’année et rapporte 4 fois plus que toute autre culture.

Mais il absorbe 30 % de l’eau des nappes phréatiques et 60 % de l’ensemble des ressources du pays, selon plusieurs experts.

Aujourd’hui, la clientèle consomme le khat, dès le début de l’après-midi et jusqu’à tard dans la nuit. Une consommation qui s’est généralisée ces dernières années, après n’avoir été pendant de longues années que l’apanage des riches.

Mais en dépit de nombreuses campagnes qui soulignent ses effets néfastes pour la santé, la consommation ne fait que s’étendre.

La culture du khat semble donc avoir de belles années devant elle, même si elle grève les budgets des Yéménites, dont le pays est l’un des plus pauvres au monde.