Habitat écolo. Découverte d’une rénovation exemplaire (2)

Seconde partie de notre reportage sur la rénovation écolo d’une maison des années 1950 dans le Sud de la France par un propriétaire soucieux de l’environnement.

Comment s’y est-il pris ? Par quoi a-t-il commencé ? Quelles ont été ses difficultés et comment les a-t-il surmontées ? Reportage, avec photos avant / après à l’appui.

 

Du simple au double vitrage

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Mr M. : «Les nouvelles menuiseries sont en aluminium et les vitres sont doubles. Je voulais du  triple vitrage pour les fenêtres au nord, mais il  était difficile à trouver il y a 3 ans encore ».

L’installation d’une pompe à chaleur et d’un plancher chauffant

Le problème du chauffage a été le plus compliqué à régler. Au départ, le propriétaire aurait voulu de la géothermie. Or, le terrain ne permettait pas d’avoir une surface de captation suffisante pour chauffer toute la maison. Elle pouvait éventuellement suffire pour l’eau chaude. Mais pour l’eau chaude, monsieur M. avait pensé aux panneaux solaires. C’était sans compter sur un arrêté municipal qui interdit la pose de panneaux solaires sur les toits, pour cause de vue sur un site classé… « même si mon toit n’est pas du tout visible depuis ce fameux site… » regrette-t-il.

Il a donc fallu  se rabattre sur la géothermie pour la seule eau chaude. Et passer à la pompe à chaleur pour le chauffage. Avec bien sûr des planchers chauffants :

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Mr M. « Le sol est isolé avec du polystyrène extrudé, avant le passage des tuyaux».

Mr M. : « Voilà le centre névralgique du chauffage au sol, installé dans le buanderie ».

C’est la buanderie qui accueille les « clarinettes » de tous les tuyaux réticulés du chauffage au sol. Chacune correspond à une manivelle qui règle le débit d’eau pour augmenter ou diminuer la chaleur. « Au centre de la maison, cette pièce permet d’avoir une distance de tuyaux très courte, et donc d’avoir moins de déperdition de chaleur », explique monsieur M.

Une cheminée écolabelisée, pour un supplément de chaleur

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Le chauffage est d’autant plus important ici, car la famille vient de s’agrandir et que le bébé a besoin de pièces bien chauffées, comme la salle de bain. Mais monsieur M. a aussi constaté que les températures très négatives en hiver, contrairement à ce qu’on peut imaginer dans le Sud, nécessitaient un bon chauffage. Son épouse a préféré le doubler d’une cheminée fermée labellisée Flamme Verte, pour remplacer l’ancienne dans le salon.
Mr M. : « La cheminée est une garantie de chaleur en plus, écologique et surtout conviviale. Nous avons eu la chance de récupérer du bois d’arbres coupés sur un chantier à côté, qui allaient être jetés ! Il y en a pour 5 à 10 ans de flambée ! »

Après l’effort, le réconfort !

Les travaux ont duré…2 ans  ! Soit deux fois plus que prévu. Il reste encore le jardin à aménager et la terrasse à carreler. Presque des détails…  après la somme de travaux effectués dans la maison. Mais monsieur M. ne regrette pas ses choix.

Pourtant, ils ont été difficiles à mettre en oeuvre, et il lui a fallu beaucoup de convictions pour arriver à ses fins. Les obstacles ?

  • D’abord avoir des informations, « très pragmatiques » sur les constructions et les matériaux écologiques : combien de m2 d’isolant sur le toit ? Combien pour les murs ? Dans quel matériau ?, etc.
  • Ensuite, trouver des artisans qui acceptent de travailler avec des éco-matériaux et de manière écologique : « Je suis tombé trop souvent sur des gens du bâtiment qui ne prennent pas la peine de réfléchir à de nouveaux comportements. Sans être anti-écologiques, ils ne comprennent pas qu’il faille changer leurs façons de faire depuis des années ».
  • Dernier point difficile : le budget. Il a augmenté de plus de 35 % par rapport à une rénovation classique. « Si j’avais mis des portes en pvc, garder les convecteurs électriques, pas fait les isolations des murs, du sol et des combles, ça m’aurait couté seulement 5 % du total du budget. Mais j’ai préféré les solutions les plus écologiques d’emblée. Car si on ne les fait pas tout de suite, on ne les fait jamais ! ».

Aujourd’hui, la famille de monsieur M. vit dans une « nouvelle » maison chaude en hiver, fraîche en été, saine et lumineuse. Avec des factures d’électricité en baisse. Le bonheur, économique et écologique !

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