Goldman, le prix Nobel de l’écologie

Goldman, le prix Nobel de l'écologie

Artistes, scientifiques, politiques… Chaque année, des distinctions sont attribuées à ceux qui changent un peu ou beaucoup le monde. En matière d’écologie, c’est le Goldman Prize qui récompense des hommes et des femmes pour leurs actions en faveur de l’environnement et/ou philanthropiques sur les cinq continents. En un peu plus de 20 ans, le Goldman Prize a été décerné à des dizaines de lauréats à travers le monde. Découvrons les portraits des 6 héros de la biodiversité pour l’année 2012.

Les lauréats 2012 du Goldman Prize

Par leur action pour la protection des peuples ou de l’environnement, ces 6 héros suscitent l’admiration et méritent une reconnaissance mondiale.

Sofia Gatica, une mère Argentine contre Monsanto (Amérique du Sud)

L’Argentine est le troisième exportateur mondial de soja.

Chaque année, l’industrie utilise des millions de tonnes de pesticides comme le glyphosate, ingrédient clé dans l’herbicide Roundup de Monsanto largement utilisé.

Même si le géant américain assure que le glyphosate ne représente aucun danger pour la santé, des études scientifiques ont prouvé le contraire, notamment en 2008, ce qui a d’ailleurs conduit l’interdiction de la commercialisation de certains produits de la firme dans 80 pays.

La fille de Sofia Gatica, jeune femme issus de la classe ouvrière et déjà maman de 3 enfants, est née en mai 2011. 3 mois plus tard, le bébé mourrait d’insuffisance rénale. Le lien entre les produits phytosanitaires utilisés dans les champs entourant la maison de Sofia Gatica et le décès de son enfant a vite été trouvé.

Suite à cette tragédie, la Mère Courage Argentine s’est entourée de 16 autres mamans afin de créer le groupe des Mères de Ituzaingó. Elles ont réalisé elles-mêmes des études épidémiologiques dans la région en frappant à toutes les portes. Les habitants ont présenté des taux de cancer qui étaient 41 fois la moyenne nationale (les médecins soupçonnent même de nombreux autres cas qui n’auraient pas été signalés), ainsi que des taux élevés de maladies neurologiques et respiratoires, de malformations congénitales et de mortalité.

Résultats à l’appui, le groupe a fédéré les associations environnementales afin de faire cesser les pulvérisations dans les campagnes. Une lutte de David contre Goliath s’est engagée depuis et s’est même soldée par une victoire des Mères de Ituzaingó en 2010. La Cour Suprême a non seulement interdit la pulvérisation de produits agrochimiques près des zones peuplées, mais elle a aussi exigé des producteurs de soja qu’ils utilisent des produits sans risque. Aujourd’hui, Sofia Gatica et ses consœurs font pression pour une interdiction du glyphosate dans tout le pays.

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La suite p.2> Ikal Angelei, Kenya