Les femmes seraient plus sensibles à l’environnement que les hommes

Les femmes seraient plus sensibles à l'environnement que les hommes

Selon une très sérieuse étude de 2009 dirigée par le Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA), les femmes seraient plus sensibles à la préservation de la planète et au réchauffement climatique que les hommes. Elles seraient donc plus écolo au quotidien.

Les femmes et les éco-gestes : un mode de vie

Le militantisme écologique des femmes irait plus loin que celui des hommes, car elles seraient également plus attentives en termes de tri des déchets et de recyclage.

De plus, l’étude révèle que non seulement les femmes consomment beaucoup moins de viande et plus de légumes que les hommes, mais elles prennent également moins l’avion et la voiture. C’est pourquoi elles auront un rôle important à jouer à l’avenir. Le rapport indique qu’elles « occupent une place centrale dans la lutte contre les changements climatiques ».

Enfin, selon les auteurs de l’étude, il faudra davantage porter toute l’attention sur l’éducation et la santé des filles et des femmes pour favoriser le développement économique, réduire la pauvreté et relever un impact positif sur le climat.(1)

L’avis des femmes

Clémentine, doctorante

« J’avoue ne pas aimer ces amalgames, cette façon de ranger une catégorie de personnes dans une boite en leur attribuant un caractère sans rapport aucun avec le critère de sélection. Peut-être que les femmes admettent plus facilement que les hommes être concernée par l’écologie ? Par ailleurs, encore aujourd’hui, ce sont plus souvent les femmes qui font les courses alimentaires, elles sont donc plus amenées à acheter des produits bio. Dans tous les cas, je pense qu’il faut éduquer à l’écologie sans relâche, à tout âge, et toute la population ! »

Solen, femme éco-responsable témoigne

Solen, Chargée d’études dans le développement durable.

Solen« Dans mon étude, j’ai effectivement aussi relevé que les femmes avaient une sensibilité plus forte aux problématiques tant environnementales que sociales. En revanche, les hommes vont beaucoup mieux comprendre le pilier économique du développement durable. Mais l’écart n’est pas énorme.

Au quotidien, les femmes sont par essence beaucoup plus “maternelles” et sont garantes du bien-être de leur foyer : les femmes sont donc beaucoup plus sensibles que les autres, et elles commencent souvent à changer leurs habitudes pour leurs bébés (vêtements et nourriture bio / peinture sans solvants / produits cosmétiques naturels / etc), dans le souci de protéger les siens. Les femmes vont également davantage penser aux conditions sociales de fabrication des produits. Même s’il reste encore beaucoup de chemin à parcourir !

Les hommes vont en revanche être beaucoup plus attirés par les économies directes que les produits ‘verts’ peuvent leur procurer, et par les produits innovants technologiquement. L’éducation est un grand sujet, très important pour sensibiliser et éduquer. Mais se concentrer sur les femmes n’est pas suffisant à mon sens. Disons qu’il faut peut être adapter le discours en fonction des femmes et des hommes.

Dans les pays du sud, les hommes sont encore plus responsables financièrement de leur famille, et les femmes de la santé et de l’alimentation de leur foyer (mais finalement c’est souvent la même chose chez nous, à des degrés différents, certes, mais c’est assez proche). Les aider à améliorer leurs ‘tâches’ respectives grâce aux outils du développement durable est une très bonne chose. »

L’avis des hommes écoresponsables

Thierry, passionné de lecture : « En tant que handicapé, je suis entouré d’infirmières, aides ménagères, auxiliaires de vie etc…J’initie ainsi beaucoup de femmes à utiliser les produits bio et à consommer moins d’énergie. Un truc simple pour économiser de l’énergie que je pratique depuis des années : Quand vous mettez votre sèche linge en route, après 1/4h ouvrez la porte et remuez le linge pour faire sortir le maximum de vapeur, résultat entre 20mn et une demi heure de temps gagné sur un séchage.

Mais, pour en revenir à cette étude,  j’avoue que cela dépend des cas ; mon fils de 17 ans par exemple, est plus ‘branché’ bio que ma fille de 22 ans ! »

Hervé, informaticien écoresponsable : « Je suis souvent étonné par les “clivages” hommes / femmes. Cette analyse me surprend car je ne l’ai jamais ressenti comme tel.

Je pense que si les femmes achètent plus bio, c’est parce qu’elles s’occupent davantage des courses que les hommes. Il suffit d’observer la fréquentation des centres commerciaux pour reconnaitre que les femmes achètent beaucoup plus que les hommes (les vêtements en sont le meilleurs exemple). Loin d’être cynique, je dirai qu’acheter bio est juste un moindre mal…

Pour moi, la véritable amélioration environnementale est d’acheter moins (cadeaux à Noël, vêtements, nourriture, etc…qui finissent à la poubelle). Pour ce qui est des actions de sensibilisation, plusieurs réflexions me viennent :

  • A supposer que les femmes soient plus sensibles aux aspects environnementaux,  n’est-ce donc pas sur les garçons qu’il faut concentrer les efforts ?
  • Les efforts envers les enfants sont doublement payants. Il feront des adultes responsables, et éduquent leurs parents. Et quand votre enfant vous explique qu’il faut faire du tri sélectif il est difficile de résister !
  • Quant aux petits garçons, leur apprendre à refuser de manger les fraises que leur maman ont acheté en plein hiver me parait une très bonne idée ! »
Références :