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L’Epiphanie : une galette, une fève et plusieurs histoires

Gaspard, Melchior et Balthazar font partie de la version chrétienne de l’histoire de l’Epiphanie, mais, il y en a d’autres. Retour sur les origines de cette tradition.

L'Epiphanie : une galette, une fève et plusieurs histoires

Si l’Epiphanie, le 6 janvier, est parfois propice à l’échange de cadeaux, c’est pour rappeler les présents que les Rois mages, venus depuis l’Orient, guidés par une étoile, ont apporté cette nuit-là jusque dans la crèche de Bethléem où se trouvait l’enfant Jésus.

Il semble que le 6 janvier, les Romains, encore eux, dégustaient aussi une galette, dans laquelle était glissée une fève. Toujours dans le cadre des Saturnales, une tradition voulait que les rôles soient inversés entre les maîtres et les esclaves, et que ce soit l’un d’eux qui deviennent « roi d’un jour ». Le partage de la galette entre eux permettait précisément de désigner lequel.

L’épiphanie : pourquoi le 6 janvier et pourquoi une galette ?

L’explication est à chercher du côté du cycle des jours et des nuits. Le solstice d’hiver, qui marque la nuit la plus longue, a lieu le 22 décembre. À partir de ce moment-là, les jours rallongent peu à peu, mais si lentement que c’est presque imperceptible. Le 6 janvier, en revanche, ils commencent à s’allonger de manière plus sensible. C’est la fin d’un cycle – l’hiver – et le début d’un autre : celui du retour à la lumière.

Quant à la galette, quelle qu’en soit la recette, purée d’amandes, pommes ou raisins secs, elle présente toujours deux mêmes caractéristiques : sa forme ronde et sa couleur dorée, qui symbolisent, précisément, le soleil.

Depuis, eh bien on « tire les rois », en partageant la galette en autant de portions qu’il y a de gourmands autour de la table. Plus une dans certaines régions : cette tranche supplémentaire, appelée parfois « part du Bon Dieu », à l’époque destinée au premier pauvre qui se présenterait, est aujourd’hui réservée pour un éventuel visiteur imprévu.

Et voilà comment, une fois encore, origines païennes et chrétiennes se sont étroitement mêlées pour perpétuer à travers les siècles certains rituels.

galette des rois epiphanie

Les Rois mages et la fée Befana

Évoquée plus haut, la fée Befana serait, mais oui, elle aussi une  lointaine descendante d’une figure traditionnelle des fêtes romaines. Souvent représentée comme une vieille dame aux allures de sorcière, sa bienveillance à l’égard des enfants qui ont été sages est cependant totale.

Une légende raconte que les Rois mages, alors en route pour Bethléem, ont croisé la vieille dame et lui ont demandé leur chemin. Mieux : ils lui ont proposé de les accompagner. À peine avait-elle refusé que Befana le regretta. Elle prépara aussitôt un panier rempli de fruits secs, de gâteaux et autres friandises, et partit rapidement à leur recherche. Mais trop tard : impossible de retrouver, et donc de rejoindre leur caravane. Elle offrit alors tous les petits gâteaux de son panier aux fillettes et aux jeunes garçons qu’elle croisa en rentrant chez elle. Et c’est depuis ce jour-là, dit-on, qu’elle distribue chaque année, dans la nuit du 5 au 6 janvier, des biscuits aux enfants sages.

Les gourmands aimeront savoir  – ou savent déjà  – qu’en souvenir de toute cette histoire, les Italiennes préparent pour le 6 janvier de jolis biscuits en son honneur :  les « Befaninis ». Avec une tasse de bon thé ou un excellent café, « Befaninis » ou galette des Rois, voilà, pour bien commencer l’année, autant d’autres petits moments de fête en perspective. À partager, en bonne compagnie, dans la joie et la bonne humeur, il va de soi.

Illustration bannière : Rois Mages Epiphanie – © Nito Shutterstock