Croissance et écologie : compatibles ?

Actuellement, les médias évoquent régulièrement la notion de développement durable. Les politiciens et les entreprises se sont donc appropriés un discours vert, source potentielle de business selon certains.

Les limites du développement durable

Toutefois, plutôt que de mettre le développement durable à toute les sauces, il aurait été plus judicieux de prendre le temps de le définir à premier abord. Après tout, savons-nous quels types de développement sont durables ou dans quelles limites ils le sont ?

En principe, le développement durable doit permettre une croissance économique sans avoir recours à une croissance des émissions de gaz à effet de serre.

Mais l’amélioration des rendements et de la productivité dans notre société a presque toujours été compensée par une croissance de l’usage et de la production entraînant finalement une accentuation de l’empreinte écologique.

Nous vivons dans une société de consommation. Qui dit consommation dit production. Qui dit production dit pollution et épuisement des ressources limitées (matières premières et énergie). Nous avons ainsi consommé en un siècle la moitié des énergies fossiles accumulées en 100 millions d’années…

En effet, depuis les débuts de l’ère industrielle, on note une forte concordance entre la croissance économique (la croissance du PIB) et la croissance des émissions de gaz à effet de serre.

Alors que plus de 70 % des Français veulent vivre en maison individuelle et que l’objectif de beaucoup d’entre eux est de changer de voiture pour en acheter une plus grande et plus performante, la tendance de la société française n’est pas à la réduction de son empreinte écologique

La croissance économique “propre” sans accoître l’empreinte écologique, ça n’est pas encore pour aujourd’hui ! Par ailleurs, avouons qu’il y a encore beaucoup de gens qui sont prêts à s’engager en faveur de l’environnement à condition qu’il ne soit pas nécessaire de modifier significativement leur mode de vie.

Mais si chacun pense de cette manière, il sera difficile de faire évoluer les choses…

En France, où 1 emploi sur 10 est directement ou indirectement lié à l’industrie automobile, comment concilier des objectifs de plein emploi qui représentent l’essentiel des programmes des grands partis politiques et les objectifs du protocole de Kyoto dont le thème principal consiste en la réduction des émissions de gaz à effet de serre ?

Dans quelle mesure la croissance économique est-elle compatible avec la préservation de notre planète  ?

La majorité des politiciens n’aborde pas la question écologique dans son intégralité, ni sa capacité à s’intégrer à notre monde actuel : économique, industriel, globalisé.

D’autant que beaucoup d’entre eux sont parfois contradictoires dans leurs propos, notamment en faisant l’éloge d’Airbus ou en promouvant l’installation d’un parking en centre ville, tout en se disant très concerné par les objectifs de Kyoto

Cependant, n’oublions pas que les politiciens sont à l’image de leurs électeurs : ils ne sont souvent pas plus informés, ni plus préoccupés qu’eux, donc nous. Nous ne pouvons donc leur exiger ce que nous n’exigeons pas de nous-même.