Environnement

COP21 : et si la saison 5 de ‘Game of Thrones’ apportait la solution au climat ?

COP21 : et si la saison 5 de 'Game of Thrones' apportait la solution au climat ?

Dimanche (12 avril 2015), la nouvelle saison de la série Le Trône de Fer a débuté sur HBO aux États-Unis. Internationalement connue pour son traitement graphique de la violence et de la sexualité, mais aussi pour ses intrigues mêlant pouvoir politique, hiérarchie sociale et religion, cette série pourrait bien être la meilleure illustration des impacts du changement climatique… et de notre réponse inadéquate à l’ampleur du problème.

NB : cet article ne contient pas de spoilers sur la saison 5 mais quelques images promotionnelles tirées de ladite saison, même si ces images ne sont pas en soit des spoilers sur l’histoire.

Winter is coming‘ – hiver pour eux, réchauffement pour nous

La série, et les romans dont elle est tirée, décrivent un univers fantastico-médieval où une multitude de personnages s’affrontent à la poursuite du Trône de Fer régnant sur le royaume des sept couronnes, et s’entretuent pour les raisons traditionnelles que sont le pouvoir, l’argent, et l’amour.

Pendant ce temps, une menace grandit au Nord du royaume. Un hiver terrible est sur le point de débuter, et des créatures légendaires et terrifiantes venant du froid, les ‘White Walkers’, mettent en danger les populations locales qui ne sont pas en mesure de s’en défendre seules.

Sophie-Turner-as-Sansa-Stark-and-Aidan-Gillen-as-Littlefinger-in-Game-of-Thrones-S5

Les dangers sont très difficiles à évaluer avec précision. La seule certitude que nos héros ont est que, l’hiver approche, ‘winter is coming‘. Ils ignorent combien de temps celui-ci durera, quelle ampleur il prendra, et si le royaume aura suffisamment de ressources pour y parer.  Dans le monde réel, face au dérèglement climatique, notre seule certitude est que les événements climatiques extrêmes vont devenir plus fréquents, plus extrêmes, et auront des impacts dramatiques pour notre sécurité physique et d’approvisionnement.

L’invasion des « sauvageons », dans la fiction, métaphore des réfugiés climatiques dans la réalité ?

Dans notre monde comme dans le leur, les impacts sur la sécurité du royaume sont déjà visibles. Les populations locales, les « sauvageons », fuient en masse pour se réfugier au sud. Cet exode est ressenti comme une invasion, et risque d’être la cause d’une nouvelle guerre.

Kristofer-Hivju-as-Tormund-Giantsbane-in-Game-of-Thrones-S5

Ceci est malheureusement loin d’être pure fiction. Si bien sûr les réfugiés climatiques ne sont pas des “sauvageons” mais bien des victimes de l’ébriété énergétique des pays développés, la réalité est qu’en 2013, le monde comptait plus de 22 millions d’entre eux, et que les gouvernants des pays émetteurs ignorent encore très largement cette situation.

Autorité certaine en la matière, le département de la défense américain, le Pentagone, qualifie de manière générale le changement climatique « d’amplificateur de menace », un phénomène qui amplifie les risques d’attaques terroristes, et pose des problèmes considérables à la défense nationale.

La myopie des personnages

Malgré de nombreux témoignages et appels à l’aide, la majorité du royaume refuse de croire en ce phénomène ; même ceux qui y croient préfèrent l’ignorer. Dans la série, la première réponse au problème des ‘white walkers’ est de bâtir un polder géant – un mur – pour les garder à distance. Il faut avouer que le mur a bien tenu, et a suffi pendant près de huit mille ans ! Mais alors que le problème naît de nouveau, les seigneurs du royaume refusent de se séparer d’un seul de leurs centaines de milliers de soldats pour venir en aide aux pauvres 500 gardiens du mur.

Conleth-Hill-as-Varys-and-Peter-Dinklage-as-Tyrion-Lannister-in-Game-of-Thrones-S5

Ceci fait étrangement écho à l’incrédulité de nombreux responsables politiques à l’encontre du changement climatique, et des maigres efforts mis en place pour le combattre. Ceci illustre aussi la difficulté de tous à s’occuper du long terme – même s’il est question de notre survie – alors que les problématiques de court terme semblent si importantes.

Il est toutefois crucial de noter une différence fondamentale entre Game of Thrones et notre monde. Dans Game of Thrones, les personnages ignorent pourquoi les white walkers resurgissent, et ne peuvent que les affronter.

COP21 : une saison à regarder pour trouver la solution dans les négociations internationales

Kit-Harington-as-Jon-Snow-Stephen-Dillane-as-Stannis-Baratheon-and-Liam-Cunningham-as-Davos-Seaworth-in-Game-of-Thrones-S5

Dans le nôtre, bien que nous n’ayons ni magie, ni dragons (je crois), nous connaissons les causes de la menace, et qui plus est, nous savons comment lui répondre. Nous émettons trop de gaz à effet de serre et nous avons les technologies à notre disposition pour s’attaquer au problème à la racine : consommer moins, développer des énergies et procédés industriels propres, mener des politiques d’agriculture durable.

Emilia-Clarke-as-Daenerys-Targaryen-in-Game-of-Thrones-S5

Ce qui nous manque encore est l’ambition politique et une meilleure cohésion entre les différentes puissances mondiales. Nos dirigeants négocieront en décembre un accord climat global à la COP21. Ils feraient bien de regarder la saison 5 de Game of Thrones avant, peut-être les aidera-t-elle à comprendre comment se saisir de la menace climatique et mener à bien les négociations. En espérant que cette fois la réalité dépassera la fiction…