Climat. Les Assurances n’assurent pas

Les nombreuses catastrophes naturelles de ces dernières années, avec leurs conséquences dramatiques pour les populations, ont mis un secteur en première ligne : celui des assurances. Or ces dernières sont loin d’être des modèles en matière de politique climatique…

Publié par les Amis de la Terre France,  le nouveau rapport « Assurances françaises : changements climatiques garantis ? » révèle en effet que la politique climatique des 15 plus importants assureurs français* (société d’assurance, mutuelle ou bancassureur) est largement insuffisante, même si elle demeure supérieure à celle du secteur bancaire.

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Pour étudier la prise en compte des enjeux climatiques des différentes assurances, Les Amis de la Terre se sont basés sur 10 critères répartis en 3 axes :

  • Axe 1 : Politique globale de lutte contre les changements climatiques
  • Axe 2 : Intégration de la dimension climat dans les produits d’assurance automobile et habitation
  • Axe 3 : Intégration de la dimension climat dans la gestion d’actifs

Pour chacun des critères, chaque assurances a reçu une note allant de 0 à 4 et aucun des 10 critères atteint la moyenne (voir tableau ci-dessous) !

Developpement durable articleSource : Les Amis de la Terre (NA : Non Applicable)

Les résultats et commentaires sont ainsi sans appel. Voici les quelques conclusions que nous avons extraites de ce rapport rendu public :

  • "Aucune assurance française ne dispose à ce jour d’une politique globale complète sur le climat. Pire, quatre assurances n’ont aucune politique en matière climatique (Generali, La Mondiale, MMA, Crédit Mutuel-CIC)"
  • Sur les deux secteurs de l’assurance automobile et habitation, "la majorité du panel étudié propose des produits qui intègrent une certaine dimension climatique. (…) Point négatif, la dimension climatique reste trop timide et aucune assurance ne semble réellement leader sur ce point".
  • "Aucune assurance ne calcule les émissions induites par sa gestion d’actif, à l’exception d’un fonds ISR de MACIF et surtout de CNP Assurances" qui bénéficie de la méthodologie de calcul des émissions de GES induites par les placements, développée par Caisse d’Epargne – Centre Info – Utopies.

Sur ce dernier point, les Amis de la Terre tire la sonnette d’alarme, soulignant la nécessité de transformer la gestion d’actif en raison des placements colossaux gérés par les assurances : selon eux, la gestion d’actifs constitue probablement le levier majeur dans la réduction des impacts climatiques des assureurs. 

Car il faut savoir que les assurances françaises gèrent une somme de 1500 milliards d’euros soit l’équivalent de près de 80 % du PIB français : les émissions induites par leur gestion d’actifs ont ainsi représenté 490 millions de tonnes équivalent CO2 en 2006, soit 90 % des émissions françaises totales !

* Les 15 assurances étudiées (par taille décroissante de chiffre d’affaires) : AXA, Generali, Aviva, CNP Assurances, Crédit Agricole-LCL, BNP Paribas, Société Générale, AGF, Groupama-GAN, Crédit Mutuel-CIC, Natixis, La Mondiale, MMA, MACIF, MAIF.

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