Bonus malus : frigos, télés, pneus…concernés ?

Jean-Louis Borloo l’avait annoncé en décembre lorsqu’il a instauré le bonus malus pour les voitures : «si c’est un succès , il y en aura d’autres».

  • Notons que depuis le début de l’année, les ventes de véhicules les plus gourmands ont baissé de 40 % tandis que celles de modèles sobres ont augmenté de 45 %.

L’extension du bonus-malus aux produits de grande consommation parmi les plus "énergivores"se révèle être un sujet assez complexe entre Bercy et le ministre de l’Environnement.

L’idée est d’identifier l’empreinte écologique de chacun, c’est à dire leur consommation énergétique et la quantité de CO2 nécessaire à leurs fabrication,transport, commercialisation mais aussi le recyclage si besoin afin ensuite de favoriser les moins polluants.
Jean-Louis Borloo

Jean-Louis Borloo souhaite appliquer cette mesure environnementale à une vingtaine de familles de produits et s’est réjoui d’avoir obtenu un consensus budgétaire pour le mettre en oeuvre. Toutefois, Bercy craint un coût trop élevé pour les finances publiques, et met en garde : pas question que cette mesure soit déficitaire. Alors que les discussions sont en cours, on en sait plus aujourd’hui sur les contours de cette extension du bonus-malus.

Quel(s) avantage(s) pour les entreprises ?

Selon Edouard Toulouse, expert en efficacité energétique pour les ONG environnementales à Bruxelles, "les politiques environnementales de type bonus-malus rebutent de moins en moins les fabricants européens parce qu’ils sont de plus en plus concurrencés par des fabricants d’autres pays, notamment asiatiques, qui maintenant savent fabriquer des voitures, des frigos ou des climatiseurs à très bas prix. Avec ces politiques environnementales obligatoires, ça oblige leurs concurrents étrangers à investir plus et à vendre leurs produits plus chers. Les fabricants européens peuvent y trouver un intérêt pour préserver leurs parts de marché".

Le bonus malus sur les voitures neuves que le gouvernement envisage de reproduire pourrait concerner un certain nombre de professionnels. "Il faut leur donner les moyens d’acheter des véhicules plus performants",a déclaré Jean-Louis Borloo :"actuellement un artisan taxi n’a pas droit au bonus s’il achète une voiture verte".

Les types de produits concernés par les bonus-malus, peut-être dès le 1er janvier 2009 : 

  • les réfrigérateurs.
  • les fabricants de téléviseurs,
  • les fabricants d’ampoules électriques,
  • les manufacturiers de pneus.

Ecran plat

Et les ménages ?

Le malus devant cette fois compenser le bonus, un problème se pose : si les voitures polluantes sont souvent haut de gamme, pour ces nouveaux produits concernés, c’est l’inverse. Ce sont les premiers prix qui seraient ciblés par le malus. La marge de manoeuvre est donc restreinte, entre mesure écologique incitative, et taxe imposée aux ménages les plus modestes.

le principe du bonus ne serait pas applicable immédiatement. La piste probable est celle d’un coupon de réduction, qu’il faudra renvoyer par la poste pour se faire rembourser la mesure écologique de l’Etat.

ampoule éléctrique

Selon les acteurs de l’environnement, les réfrigérateurs, les congélateurs et les ampoules sont une priorité. Pour les deux premiers les bonus malus pourraient aller de 20 à 50 € par appareil selon leur niveau de consommation d’énergie.

Pour une ampoule à incandescence, qui coûte environ 1 euro, il y aurait 15 centimes de malus et pour une ampoule basse consommation qui coûte en moyenne 7 euros, il y aurait un bonus de 1,5 ou 2 euros.

  • Les machines à laver le linge et la vaisselle, l’ensemble de l‘électroménager devrait être concernés de même que les écrans plats, les DVD et les consoles vidéo, en particulier les PS3.

Pour tous ces appareils les constructeurs ont entrepris une véritable révolution écologique dont les premiers signes tangibles ont été transmis aux consommateurs lors de la dernière foire de Paris.

pneus

Un bonus malus serait à l’étude pour inciter les propriétaires de véhicules à acheter des pneumatiques « à faible résistance au roulement ». Il privilégierait les « pneus verts » qui diminuent la consommation de carburant et la pollution. Mais ce projet ne devrait pas intervenir en 2009, en raison d’un «problème d’étiquetage ».

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Article rédigé par Elwina, septembre 2008