Les Français pour imposer les produits locaux dans l’alimentation collective

L’Assemblée Nationale a approuvé unanimement la proposition de loi de Brigitte Allain, députée écologiste de Dordogne, en faveur de l’ancrage territorial de l’alimentation, fixant à la restauration collective un objectif de 40% de produits locaux durables, dont 20% de produits biologiques.

Les Français pour imposer les produits locaux dans l'alimentation collective

La proposition de loi de Brigitte Allain visant à favoriser l’ancrage territorial de l’alimentation prévoit l’introduction dans la restauration collective publique de 40 % de produits locaux issus de l’alimentation durable et de saison dès 2020.

Un texte ambitieux répondant au désir des Français et à des initiatives locales

L’Observatoire de l’Alimentation veille désormais aussi au développement des circuits courts et de proximité. Les Plans Régionaux d’Agriculture Durable deviendront des Plans Régionaux d’Agriculture et d’Alimentation Durables.

L’alimentation durable fera partie des engagements de « Responsabilité Sociale et Environnementale » dont les grandes entreprises devront rendre compte annuellement. Enfin, les restaurants collectifs peuvent utiliser la mention « fait maison ». Le projet recueille l’assentiment des Français.

Trois-quarts des Français pour une obligation légale

Interrogés par l’IFOP pour l’association Agir pour l’Environnement, 76 % des Français sont favorables au vote d’une loi imposant l’introduction d’aliments issus de l’agriculture biologique, locaux et de saison dans la restauration collective publique.

La pétition engagée par l’association Agir pour l’Environnement pour soutenir la proposition de loi a recueilli plus de « 110.000 signatures » selon Cécile Duflot, députée de Paris. Diverses collectivités sont pionnières en la matière. La Mairie du 2e arrondissement de Paris introduit ainsi d’ores et déjà 100 % de nourriture biologique dans ses cantines.

Une mesure socialement et écologiquement correcte, qui appelle des moyens conséquents

Stéphane Le Foll, Ministre de l’Agriculture, soutient cette initiative, qu’il place dans la continuité de son travail, « l’ancrage territorial de l’alimentation est un sujet que j’ai voulu promouvoir dès mon arrivée au ministère ». Il l’assortit d’un bémol : « il faut une offre locale capable de répondre à la demande », prévient le Ministre de l’Agriculture.

Cécile Duflot, députée écologiste de Paris, approuve la proposition de loi sans réserve : « le local et la qualité doivent être accessibles à tous : quel meilleur vecteur que la restauration collective, qui sert 11 millions de repas par jour et s’adresse souvent à des publics fragiles ? ».

André Chassaigne, député du groupe Gauche démocrate et républicaine, salue le caractère essentiel de la démarche, pointant la nécessité de moyens financiers : « des produits en circuit court impliquent souvent des prix d’achats supérieurs, et des besoins humains supplémentaires pour transformer les produits », affirme-t-il.

Convaincre ou contraindre ?

Tout en reconnaissant que l’absence de sanctions transformerait la proposition de loi en voeu pieux, Yannick Favennec, député UDI, préfère sensibiliser les grandes entreprises, évoquées à l’article 4 de la loi, plutôt que de les sanctionner.

Jean-Charles Taugourdeau, député les Républicains souligne la complexité de mise en application du texte de loi. Nicole Ameline, députée du même groupe, rappelle que les marchés publics ne permettent pas toujours aux collectivités de privilégier le local. Jean-Luc Laurent, député PS du Val-de-Marne, invite à la pédagogie et à la prise en compte de la maturité des filières.