Une amap de Brest veut relocaliser l’économie

Une amap de Brest veut relocaliser l'économie

Une association propose aux Brestois d’acheter chaque semaine toute une gamme de produits (légumes, pains, laitages, herbes, jus…) locaux, bios et de saison. En plus de leur offrir une alternative aux supermarchés et changer les habitudes alimentaires des membres, l’association veut diversifier ses activités pour aller plus loin dans la relocalisation de l’économie. Emmanuel Daniel nous fait découvrir cette expérience de style de vie engagé.

Brest : une AMAP et plus encore pour l’économie locale

Dans un lavoir désaffecté de la rive droite de Brest se déroule chaque jeudi une scène atypique. Une vingtaine de personnes se succèdent pour remplir leurs cabas de carottes, navets, poisson, oeufs, lait, fromage…

amap-court-circuit-en-pays-de-brest-00-banPendant plus de deux heures, ce bâtiment d’habitude inutilisé prend des airs de petit marché dans lequel on croise aussi bien des étudiants, des jeunes parents sortant du boulot que des retraités.

Tous sont adhérents de l’association « Court circuit en pays de Brest » qui distribue chaque semaine plus de 200 paniers bios, locaux et de saison dans 7 points différents de la ville. Comme dans les AMAP (Association pour le maintien d’un agriculture paysanne) classiques, ces consomm’acteurs choisissent à l’avance la quantité hebdomadaire de légumes (entre 7 et 18 euros) qu’ils désirent.

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Des oeufs, du pain et d’autres produits agricoles

Ils ont également la possibilité de commander des oeufs, du pain, des herbes aromatiques ou encore des yaourts qu’ils recevront chaque semaine pendant 6 mois au point de distribution de leur choix. Une fois leur contrat d’abonnement rempli, ils n’ont plus qu’à se rendre chaque jeudi après-midi au lavoir afin de retirer leur commande. Pour enrichir le panier, de la viande, du poisson et d’autres denrées leur sont également proposés en commande ponctuelle.

A la genèse du projet, une volonté de rompre avec le mode de distribution classique. « J’en avais marre de consommer des produits transformés, chers et dégueulasses », explique Céline cofondatrice de l’association. Pour y remédier, elle a d’abord créé une Amap avec Guillaume, l’autre pilier du projet.

amap-court-circuit-en-pays-de-brest-03« Mais on s’est rendus compte qu’on touchait les revenus élevés, des gens déjà convaincus et qu’on ne répondait pas à la demande (une quarantaine de personnes sur liste d’attente). On voulait soutenir davantage les producteurs et offrir plus de souplesse et de choix », précise la jeune femme. Ils ont donc décidé de salarier 2 personnes (plus un service civique) afin de créer des emplois qui ont du sens et faire que tout le poids de la logistique ne soit pas assuré par les seuls bénévoles.

Court-Circuit Pays de Brest : objectif panier diversifié

Pour réussir leur pari, la variété de l’offre a été déterminante. « Nous voulions qu’il y ait un max de produits dans le panier » afin de proposer « une alternative aux supermarchés » et ainsi permettre de faire la plupart de ses courses en un seul lieu, précise Céline. La formule propose également plus de souplesse qu’une Amap. Les adhérents disposent d’une période d’essai d’un mois pour tester le service et adapter leur commande à leurs besoins réels.

En outre, grâce au « panier d’échange », ils peuvent troquer leur surplus de navets ou de topinambours contre du persil ou des carottes. Et lorsque les membres ne sont pas en mesure de venir retirer leur commande hebdomadaire, celle-ci est proposée à des « intérimaires » qui se sont inscrits à l’avance pour acheter un panier à l’occasion.

© CC, Emmanuel Daniel © CC, Emmanuel Daniel[/caption]

« C’est très bien fait, du coup ce n’est pas contraignant, se réjouit Gaëlle, une trentenaire inscrite depuis quelques mois. Mais vu que nous n’avons que des produits de saison, on risque d’en avoir marre de manger des patates à la fin de l’hiver ! ». Mais la convivialité des rencontres lui fait vite oublier cet inconvénient.

En effet, chaque semaine, deux adhérents aident les salariés de l’association à assurer la distribution. « Ça me plait de donner un coup de main, c’est participatif et ça permet de rencontrer les autres adhérents, poursuit-elle. On discute, on échange des points de vue et des recettes ».

Deux adhérentes viennent aider à la distribution © CC, Emmanuel Daniel

Deux adhérentes viennent aider à la distribution © CC, Emmanuel Daniel