La fibre écolo change la mode
Un petit rappel des incontournables
La laine
En principe tondue sur l’animal vivant : chèvre (Mohair, Cachemire), mouton (Mérinos), lama (Alpaga, Vigogne), elle est comme nos cheveux, essentiellement composée de kératine. Bon isolant thermique, elle régule l’humidité et laisse respirer la peau. Il faut la choisir en pure laine vierge non traitée.
La Soie
C’est une matière filamenteuse secrétée par les lépidoptères pour confectionner leur cocon, elle est composée d’une enveloppe de séricine (25%) entourant la fibroïne (75%). Elle aurait été découverte 2700 av JC par la femme de l’empereur chinois, en voulant débarrasser ses mûriers des vers qui en mangeaient les feuilles. La soie est chaude l’hiver, légère l’été et agréable au toucher.
Le lin
Considéré comme le plus vieux textile du monde, frais et solide on lui prête des vertus thérapeutiques et anti-stress : il diminue température et tension musculaire. Sa culture, bien que moins polluante que d’autres plantes, appauvrit le sol pour quelques années.
Le chanvre
Cette fibre textile fait son come back grâce aux créateurs comme Giorgio Armani, et Kanabeach. Cultivé en grande quantité en raison de sa capacité d'absorption du CO2, le chanvre pourrait trouver un champ d'applications prometteur dans le domaine du textile. Très solide, il a des qualités proches du lin.
L’ortie
Utilisée depuis des siècles dans l'élaboration du textile et de la teinture, la tige de l'ortie est une fibre textile d'excellente qualité dont on fabriquait autrefois cordes et toiles. L'agence italienne de recherche et de développement Grado Zero Espace vient de fabriquer un textile à partir de l'ortie. La fibre creuse de l'ortie offre des qualités particulières en matière d'isolation thermique : elle emprisonne l'air dans le textile. Une propriété naturelle qui peut être exploitée et maîtrisée par la torsion des fibres. En tordant les fibres, on en évacue l'air. L’étoffe devient plus fraîche, estivale. L'ortie offre une alternative intéressante aux cultures traditionnelles : en tant que plante vivace, sa culture ne nécessite aucun produit polluant.
La fibre « Ingeo » à base de sucre de maïs
On ne l’utilise pas tel quel. La société américaine Nature Works a mis au point le procédé de fabrication de fibres baptisé « Ingeo », basé sur la fermentation, la distillation et la polymérisation (union de plusieurs molécules) du sucre issu du maïs. Le sucre fermenté permet de créer des molécules d'acide lactique qui sont ensuite chauffées et traitées chimiquement afin de produire un polymère à base « d'acide polylactique », le PLA. Il présente de grandes vertus biocompatibles et biodégradables, il est aussi résistant aux tâches et réagit bien à l'humidité. Aujourd’hui, on cherche à industrialiser sa fabrication et à décliner son utilisation aussi bien dans le domaine de l'ameublement que de la mode. A suivre car il resterait encore récalcitrant au fer à repasser…
Bambou
La toile de bambou présente de nombreuses qualités : tissu respirant léger à porter, naturellement anti-bactérien, propriétés anti-odeurs et anti-UV... Biodégradable et recyclable, la fibre régénérée de bambou est d'une douceur exceptionnelle. C’est la poudre de bambou qui permet de réaliser la viscose. Autre avantage du bambou : sa pousse extrêmement rapide permet d’optimiser les rendements, sa rusticité d’éviter les pesticides et ses racines profondes de bloquer l’érosion des sols. Un bon point également dans la lutte contre la déforestation, puisque plus on utilisera le bambou, moins on coupera de résineux ou de feuillus qui ont eux, une croissance très lente. Le bambou nécessite quatre fois moins d’eau que le coton pour sa culture. Partant de ce constat, la société japonaise Itoi Textile a inventé un tissu à base de « Kumasasa », le bambou favori des pandas. L’herbe est d'abord transformée en papier, puis découpée en rubans de 3 km de long et enfin tordue pour élaborer le fil qui sera ensuite tissé.
Plumes de poulet
On les mange et en plus, de leur plumage, on tire un tissu pour vêtements écologiques. Un laboratoire de l’université Lincoln du Nebraska a mis au point un procédé pour fabriquer des fibres ressemblant à la laine à partir d’un mélange de plumes de poulets et de paille de riz. Une manière intéressante de recycler une partie des déchets agricoles.
Des algues et du bois
Le SeaCell® est une fibre spéciale fabriquée selon le procédé dit Lyocell, à partir d’algues et de cellulose. Issue du traitement d’une pâte de bois, le Lyocel est une nouvelle fibre qui apporte un confort maximum. D’origine naturelle le Lyocel est respirant, absorbant, confortable et très esthétique. Il est également infroissable. La structure ouverte et poreuse de la fibre SeaCell® favorise l'absorption et l’évacuation d'humidité lorsque le vêtement est porté. Les substances renfermées par les algues ont des propriétés anti-inflammatoires, calment les démangeaisons et distillent calcium, magnésium et vitamine E. Autant de vertus et de principes actifs que les algues conservent pendant la fabrication du fil. Leurs principes actifs restent incorporés dans le tissu, même après le lavage. Une fibre révolutionnaire développée notamment dans les collections de la marque Ekyog qui n’utilise que des matières écologiques.En savoir plus sur Ekyog
Plastique recyclé
Récupérer les sacs plastiques puis les transformer en sacs, chaussures, vêtements ou accessoires de mode selon les méthodes de tissage traditionnelles c’est par exemple l’objectif du Gafreh, un collectif de groupements de femmes pour la relance économique du Houet au Burkina Faso.
