Fin des abeilles = fin du monde ?
En effet, les abeilles ont un rôle essentiel pour la survie des végétaux. Ce sont quelque 20 000 végétaux, dont 40% de plantes cultivées comme les fruits, légumes ou oléagineux, qui ne vivent que s'ils sont pollinisés par les abeilles. Or, depuis plus de 10 ans, c'est l'hécatombe chez les abeilles du monde entier. Depuis 10 ans, l'apiculture traverse l'une des crises les plus graves de son histoire. En France, un tiers des colonies meurent chaque année depuis 1995 et 1.500 apiculteurs, amateurs et professionnels, cessent leur activité ce qui menacerait au total 5.000 emplois.
En France, le Gaucho de Bayer et le Régent de BASF, deux insecticides accusés de ravager les abeilles, ont été interdits en 2006 mais malgré tout l'hécatombe se poursuit dans les ruches. On ne sait pas très bien pourquoi et cela est très préoccupant. Certains apiculteurs soupçonnent que les pesticides toujours utilisés par l'agriculture sont à l'origine de ce qu'on appelle désormais le « syndrome d'effondrement des colonies », maladie dont on ne sait pas encore grand-chose. Aux USA, le nombre d'abeilles a chuté à ce qu'il était en 1939, première année des statistiques américaines. Des mites exotiques ont dévasté les colonies et les apiculteurs n'arrivent pas à augmenter leurs populations d'abeilles. Pourtant un véritable business s'est développé autour de la location de colonies d'abeilles. Chaque hiver, des milliers de ruches sont transportées de partout aux Etats-Unis, du Dakota à la Floride, pour la pollinisation des vergers d'amandiers en Californie. Près des ¾ des abeilles commerciales américaines sont destinées aux amandiers californiens. Elles servent à recueillir le pollen des fleurs d'un arbre pour le déposer sur les fleurs d'un autre ; ce qu'elles sont seules à pouvoir faire. Chaque hiver, 2200 semi remorques pleines de ruches soit 10 milliards d'abeilles sont amenées en Californie à un prix d'environ 140 € par ruche et à raison de 4 à 6 ruches par hectare. La location pour pollinisation est devenue le premier métier des apiculteurs américains devant la production de miel. Et cela ne risque pas de changer car les besoins – et donc les prix – augmentent, favorisés par le fait que les abeilles, dont la population décline, sont très demandées en hiver, époque à laquelle elles devraient hiberner, serrées les unes contre les autres dans la ruche.
Conclusion : si le déclin des abeilles menace la vie végétale, certains arrivent à en faire leur miel.
