La propreté, ennemie du vert ?
Aujourd’hui très peu de régions sont épargnées par la pollution aquatique, les rivières et cours d’eau font les frais de notre obsession de la propreté, et de l’utilisation grandissante des produits de nettoyages. Selon la Commission mondiale de l’eau plus de la moitié des fleuves du monde sont gravement touchés et pollués. Ceci entraîne une dégradation des écosystèmes et compromet la santé et les moyens d’existence des hommes qui en dépendent. Qu’ils soient émis dans l’air ou répandus sur les sols, la majorité des polluants finissent leur vie dans les milieux aquatiques par le biais de l’eau. Les pratiques industrielles et agricoles ne sont donc plus les seules responsables en ce qui concerne la pollution aquatique.
Les principaux responsables de cette pollution ?
Les phosphatescontenus dans les détergents et certaines lessives. Même si le ministère de l’environnement a proposé une convention réduisant à 20% le taux de phosphore dans les lessives, la plupart en contiennent encore et rendent difficile le traitement des eaux. Voir l'article "La lessive propre n'existe pas". De plus, le dé-phosphatage des eaux usées dans les stations d’épuration reste très coûteux.
pistes à creuser. Cet article sera donc complété à l'avenir. Les saponines sont des tensioactifs naturels produits par certaines plantes comme défense anti-insectes ou anti maladies, en quantité très variable, selon les espèces : le soja, la saponaire, l'abre à savon, le lierre, le quinoa (d'où sa légère amerturme), etc. Les saponinies sont composées de molécules complexes qui sont pour partie solubles dans l'eau et pour partie soluble dans la graisse, ce qui leur donne une capacité détergente (en "dissolvant" la graisse des vêtements par exemple).
Autre responsable : les tensioactifs, reconnus pour leur pouvoir moussant et dégraissant. Ils sont difficilement dégradables et ravagent les fronts de mer, entraînant également des conséquences sur la végétation.
Que font nos voisins dans ce domaine :
Suisse : En 1986, elle bannit les phosphates de la plupart de ses pratiques. Leur éradication a été un succès puisqu’elle a permis au lac Léman de retrouver sa superbe. En quelques années, sa concentration en phosphore a diminué de 60%.
Europe occidentale : depuis le début des années 80, les rejets phosphatés ont notablement diminué (de 50 à 80%), en raison de l’amélioration spectaculaire du traitement des eaux usées et de l’introduction massive de détergents sans phosphate.
