Le nucléaire, seule alternative crédible au charbon ? et développement durable sur consoGlobe.

Le nucléaire, seule alternative crédible au charbon ?

03/2007
Question cruciale pour l’avenir. Voici quelques éléments de réponse dans un débat qui n’est pas clos.

La ressource d’énergie la plus abondante, hormis bien sûr les énergies naturelles renouvelables, est le charbon dont il existe des réserves pour plus de 150 ans à l’échelle du monde, pour plus de 200 ans dans bien des pays. Qualité supplémentaire, le charbon n’est pas concentré dans quelques zones comme l’est le pétrole, mais est à peu bien réparti équitablement sur tout le globe.

En trente ans, la production mondiale de houille a doublé et ce n’est pas fini contrairement au pétrole dont on estime qu’il reste entre 40 à 60 ans de réserves si la consommation reste au niveau actuel (25 ans si la consommation croît de 2% par an). Le pic de consommation et production de pétrole (le « peak oil ») devrait survenir autour de 2015.

  • Le C02 issus des énergies fossiles représente 80% des émissions humaines de C02, surtout pour la production d’électricité (33%), l’industrie (25%) et les transports (24%).
  • La consommation de charbon a plus que doublé en 30 ans et devrait continuer à augmenter de 1,8% par an et passer de 2 772 millions de tep à 4 441 M tep en 2030 (+30%).
  • 75% de la production mondiale de charbon sont transformés en électricité dans des centrale thermique pour 500 g. environ par kW/h d’électricité.
  • Le charbon représente déjà la 2ème source d’énergie primaire (Pétrole: 34,3% ; Charbon : 25,1 %)

    Le futur règne du charbon : une très mauvaise nouvelle pour l’atmosphère.
    Le charbon est disponible et incontournable mais sa combustion du charbon émet 35% de gaz carbonique en plus que le pétrole, 72% de plus que le gaz naturel.. Les carburants liquides à base de charbon qui pourraient remplacer l’essence à l'avenir ont un rendement très faible. Basculer du tout pétrole au charbon serait une catastrophe climatique alors que la concentration de C02 dans l’atmosphère a augmenté d’environ 36% depuis deux siècles du fait des activités humaines.

    On semble se diriger tout droit vers ce scénario noir car les énergies alternatives au pétrole ne semblent pas pouvoir le remplacer. Utiliser le charbon serait la solution mais les techniques pour rendre le charbon « propre », c'est-à-dire pour extraire le C02 qu’il contient, restent beaucoup trop coûteuses pour être utilisées à une échelle mondiale.
    Les énergies « renouvelables » - solaire, géothermie, éolien, hydroélectrique, biomasse - sont théoriquement inépuisables. Mais elles ne fournissent que 0,4% de l’énergie primaire mondiale en 2006 et on voit mal comment elles pourraient représenter 20% de l’énergie en Europe comme le voudrait la Commission, sans parler du reste du monde. La biomasse qui a un grand potentiel se heurte à la limite des surfaces cultivées disponibles pour nourrir une population mondiale toujours plus nombreuse. L’hydroélectricité qui représente 2% du besoin total d’énergie mondial, est quasiment à son plafond et progressera guère.

    Le nucléaire, seul challenger crédible du charbon ? Dans ce contexte, seul le nucléaire semble pouvoir répondre au défi de répondre au besoin d’énergie dans les volumes nécessaires. D'où les doutes de certains écolos. On connaît les inconvénients du nucléaire (stockage de déchets radioactifs pendant des milliers d’années, etc.) mais on se souvient moins bien de ses avantages :
  • Chaque kWh nucléaire produit émet près de 50 fois moins de C02 que celui produit avec du charbon,
  • Le nucléaire est la seule technologie capable de produire de l’énergie à forte puissance de manière continue avec aussi peu d’émission de gaz à effet de serre.
  • La part du prix du combustible – l’uranium – ne représente que 5% du prix du kWh.
  • Les réserves d’uranium sont estimées à plus de 5 siècles et les générateurs nucléaires de 4ème génération, à surgénération, sont capables de mieux recycler les déchets et surtout produisent 50 fois plus d’électricité avec la même quantité d’uranium.

    Emissions de CO2 par type d’énergie
    Les émissions du nucléaire sont très faibles, proches de celles de l’éolien et bien loin du charbon qui est la forme d’énergie qui émet le plus de dioxyde de carbone. En fait ce sont les émissions qui sont enregistrées pendant la construction des centrales qui sont mesurées ; la production en elle-même étant neutre.

  • Nucléaire : 19 kg équivalent carbone par tonne équivalent pétrole
  • Eolien : 32 équivalent carbone par tonnes équivalent pétrole
  • Solaire photovoltaïque : 316 équivalent carbone par tonne équivalent pétrole
  • Gaz Naturel : 651 kg équivalent carbone par tep
  • Pétrole - essence : 830 kg équivalent carbone par tep
  • Diesel - fioul : 856 kg équivalent carbone par tep
  • Charbon : 1123 kg équivalent carbone par tep

    Quelques définitions

  • La houille : la houille, ou charbon, est un minerai très concentré en carbone qui est issu de la transformation de végétaux morts enfouis à l’époque du Carbonifère, il y a 295 à 355 millions d’années, dans des zones humides. La qualité du charbon dépend de son pouvoir calorifique mesuré en mégajoules par kilo. Elle dépend de la teneur en carbone qui dépend des pressions et des températures qui ont régi sa formation.
  • Le coke : 15% de la quantité de charbon sont utilisés pour la production de l’acier, sous une forme cuite appelée le coke.
  • La tourbe : Quand les végétaux s’enfoncent dans des zones humides pour former progressivement former du charbon, leurs débris deviennent plus compacts et forment la tourbe qui reste humide à 90%. La tourbe s’enfonce progressivement sous le poids des sédiments et au fil des mouvements de la croûte terrestre se déshydrate sous la pression et la chaleur. La teneur en carbone augmente alors progressivement et se dégage du méthane qui est le principal composant du fameux « grisou ».
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    Le nucléaire, seule alternative crédible au charbon ?

    Stéphane Lhomme

    Ce plaidoyer pronucléaire est bien joli, mais il est tout simplement ridicule. En effet, le nucléaire ne couvre que 2% de la consommation mondiale d'énergie : une part infime... et en déclin (cf données ci-dessous). De fait, le nucléaire est totalement incapable de représenter une alternative au trio pétrole-gaz-charbon. On peut le regréter (par rapport à l'effet de serre), mais c'est un fait incontournable. Il est donc RIDICULE de prétendre que le nucléaire permettrait de lutter, même un peu, contre le réchauffement climatique.
    La seule option est une forte diminution de la consommation d'énergie des pay riches. Il faut commencer par isoler correctement tous les bâtiments : 90% d'économie !
    Voici maintenant les données qui montrent que le nucléaire est et va rester une énergie marginale (même si elle impose un danger maximal) :

    Ce 1er janvier 2007, sept réacteurs nucléaires ont cessé définitivement de fonctionner : deux à Dungeness et deux à Sizewell (Angleterre), deux à Kozlodoui (Bulgarie), et un à Bohunice (Slovaquie)

    Il ne s'agit là que des prémices d'un déclin inexorable de l'industrie nucléaire mondiale, parfois présentée a tort comme faisant son "grand retour" alors qu'elle est en réalité menacée de disparition.

    Ainsi, le 10 novembre 2006, Claude Mandil, directeur exécutif de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) a déclaré : "la tâche principale de l'industrie nucléaire dans les années à venir sera d'essayer de remplacer les centrales existantes qui auront atteint leur fin de vie. Cela signifie qu'on aura besoin de nombreuses centrales sans pour autant augmenter la part du nucléaire dans la production d'électricité."

    Or, la seule chose qui soit certaine est la fermeture, d'ici 2025, d'environ 250 réacteurs nucléaires sur les 435 en fonctionnement actuellement sur la planète. Et la fermeture des autres arrivera dans les deux décennies suivantes. Par contre, la plupart des nouveaux réacteurs annoncés restent pour le moment très virtuels.
    Le rapport "Facteur 4", remis au gouvernement français en octobre dernier, explique que "l'énergie nucléaire représente 2 % de l'énergie finale dans le monde" et pointe "l'apport finalement marginal du nucléaire" dans la lutte contre l'effet de serre. On ne saurait mieux illustrer le fait que le nucléaire, même s'il impose un danger maximal, a en réalité une place très faible dans l'énergie mondiale. Et, nous venons de le décrire, cette faible part est en déclin inexorable. La fermeture de sept réacteurs, ce 1er janvier 2007, est donc le début d'un mouvement irréversible vers la disparition de l'énergie nucléaire. Il convient néanmoins de hâter cette disparition avant que ne survienne un nouveau Tchernobyl, mais aussi parce que chaque réacteur en fonctionnement produit des déchets radioactifs qui vont durer des millions d'années, et parce que la prolifération nucléaire vers l'arme atomique est un des pires dangers qui menacent la planète.
    25 03 2007 à 23:10

    geoffroy de caritat

    Le commentaire de Stéphane Lhomme ne me surprend pas. Toute position anti nucléaire est respectable mais doit se baser sur des éléments non émotionnels ni caricaturaux. puis je porter à la connaissance de citoyens soucieux de s'informer indépendamment de tous les lobbies (anti- et pro- nucléaires) auprès de deux sites intéressants: 1) Thomas Moore, co-fondateur de greenpeace, et depuis quelques années, de greenspirit :
    voir par exemple http://www.greenspirit.com/logbook.cfm?msid=137
    et 2) jean marc Jancovici, manicore, conseiller de Nicolas Hulot: http://www.metrofrance.com/fr/article/2007/03/17/22/2658-34/index.xml
    26 03 2007 à 23:06

    geoffroy de Caritat

    (suite)
    Dans un article encore plus récent et intéressant le fondateur de Greenpeace et de greenspirit nous fait part de sa réflexion sans préjugés, face à la question du nucléaire : http://www.greenspirit.com/logbook.cfm?msid=150
    26 03 2007 à 23:22

    marc mattis

    Moi, je pense que pour une fois on trouve sur le sujet un article qui explique bin pourquoi le nucléaire est une voie qui s'impose si on regarde les choses globalement - même si bien sûr on doit prendre de grandes précautions ... merci consoglobe pour ces synthèses
    10 04 2007 à 19:55

    remy

    La question n'est pas tant pour ou contre le nucléaire, pour ou contre le charbon, mais plutot comment vas ton continuer a produire l'energie dont nous avons besoin sans faire exploser la production de CO2 ?

    Certains, nous disent naivement il suffit que les pays riches reduisent leur consommation, c'est a peu pres aussi ridicule et reducteur, que de dire a une personne obèse il suffit que tu perdes du poids, si c'etait aussi simple il n'y aurait pas d'obèses sur la planete, pas de medecin, et pas de dieteticien...
    Et bien pour l'energie c'est la meme chose on ne pourra pas fermer le robinet du jour au lendemain, tout simplement par ce que le modèle economique des pays riches est trop fragile pour encaisser des changements brutaux, et que celui des pays pauvres n 'a pas le luxe de choisir son mode de production.
    essayer d'expliquer a un habitant du tiers monde qui ne mange pas sa faim, que les cereales OGM ce n'est pas bon pour santé, et qu il vaudrait mieux manger du bio...quand votre esperance de vie se compte en semaine, on se fiche de savoir ce qu'il adviendra dans 30 ou 50 ans...

    Je suis peut etre pessimiste mais jene vois aucune solution a ce problème, sauf a s'habituer aux ouragans, aux canicules, etc...

    19 06 2007 à 12:09

    Médol

    Dernières années avant que la pénurie de combustible ne vienne remettre en cause toutes ces incantations sur le nucléaire prétendu éternel :
    http://travail-chomage.site.voila.fr/energie/fin_uranium.htm

    Nous sommes les plus mal préparés à aborder cette crise qui n'aura pas de fin, car ceux qui nous gouvernent, sans nous demander notre avis, ont développé cette énergie de façon irresponsable.
    01 10 2007 à 21:55

    valdambrini

    a lire absolument le livre \"coucou c\'est tesla -l\'energie libre au
    editions felix \" pour se convaincre que des genis existent ou ont existe
    et mis au point tout un tas d\'inventions dans le respect de l\'homme et
    la nature , et qu\'il ni a pas comme certains voudrait nous le faire
    croire que le petrole et la fiçion nucleaire comme energies exploitables.
    à cosulter egalement la revue nexus
    15 10 2007 à 14:26

    Gérard

    Un dossier avec de nombreux articles mesurés et bien documenté sur : L'énergie nucléaire

    Ce n'est pas une solution crédible pour nous fournir de l'électricité dans 20 ans, surtout avec la pénurie d'uranium.
    03 03 2008 à 16:14

    Gérard

    L'adresse du dossier sur l'énergie nucléaire est celle-ci : http://futura24.site.voila.fr/nucle/nucleaire.htm

    (message précédent)
    03 03 2008 à 16:16

    snow62fr

    M Lomme : quel pourcentage de production d'energie représentent les énergies renouvelables? Assurément beaucoup moins que les 2% du nucléaire. N'ont-elles aucun avenir pour autant? Vous et moi ne le pensons pas.

    Pourquoi le fait de représenter peu aujourd'hui empecherait de représenter beaucoup demain? Votre argument est stupide.

    Et votre attitude est dangereuse : les économies c'est bien mais vous ne vous renez pas compte qu'elles obligeraient la société à vivre comme au 18ème siècle. Résultat : la hausse encore et toujours de la consommation d'energies fossiles, celle du charbon en particulier; et la hausse des émissions de Co2.

    Ca se vérfie déja au Danemark : 20% d'électricité eolienne (c'est super !) et 80% d'électricité fossile ce qui fait de ce pays un des plus gros émetteurs de Co2 apr kwh produit. Voilà ce à quoi aboutit l'attitude antinucléaire bornée.
    Si vous croyez que les énergies renouvelables permettront de remplacer les fossiles, c'est que vous n'y connaissez pas grand chose.
    Vous et les lobbys antinucléaires etes dangereux car vous faites augmenter les émissions de Co2 !
    24 04 2008 à 21:59

    martine69

    On m'avait jamais bien expliqué pourquoi malgré ses défauts on aura du mal à échapper au nucléaire. Vu comme ça on comprend mieux que les contraintes sont finalement très grandes et que les autrs energies font pas le poids.
    21 09 2008 à 11:56

    Armand de la Haute

    Je me demande comment le génie qui a écrit l'article a pu trouver, ou peut être mesurer par lui même (il avait peut être un thermomètre et un diplôme de préparateur en pharmacie)que le nucléaire (placeé en haut du tableau)produit 19 kg équivalent CO2 et l'éolien plus de trente, etc.
    Je viens de consulter un article du laboratoire de la CRIIRAD sur la centrale à charbon de Sonichar au Niger , construite en 81 pour alimenter l'industrie d'extraction de l'uranium d'AREVA. La consommation annuelle de charbon de cete centrale est de 160 000 tonnes de charbon. Où le monsieur qui a écrit l'article classe t'il le CO2 correspondant à ce charbon brûlé? dans ses 19 kg?
    Où classe t'il les transport vers la France, puis la fabrication d'hexafluorure d'uranium, la technique d'enrichissement, avant d'arriver au "combustible".
    Où classe t'il la construction des centrales nucléaires? dans ses 19 kg de poireaux?
    Où classe t'il le démantelement de ces monstres irradiés? Où classe t'il le "retraitement" des combustibles usagés? Tout ça dans les 19 kg de poireaux.
    Le monsieur doit être sérieux!

    pour voir un aperçu des quantités de minerais:
    http://www.planete-energies.com/contenu/nucleaire/production-electricite/combustible.html (site de TOTAL)
    pour voir le rapport sur la centrale au charbon servant pour l'extraction de l'uranium :
    http://www.criirad.org/
    puis mines d'U au Niger,
    puis Le charbon au service du nucléaire au Niger :
    La question de l’impact des installations de la SONICHAR

    30/07/2009 - Communiqué CRIIRAD
    Coucou les impartiaux
    AJ
    21 11 2009 à 22:12
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