Un monde riche en sucres...
Blanc ou brun, en poudre ou en morceau… En voici son portrait …

Le sucre, préférez-le non raffiné
Le sucre consommé (ou "saccharose") provient généralement de la tige de la canne à sucre ou de la racine de la betterave. On extrait aussi des sucres d’autres plantes comme le palmier dattier (« sucre de palme » ) ou l’érable. De sa préparation vont dépendre sa forme, sa couleur, sa composition et… son impact écologique. On trouve ainsi :- Le sucre blanc raffiné
- Il est dénué de tous ses minéraux et vitamines : son apport en nutriments est nul.
- Il reste le meilleur ami de nos… carries !
- Son élaboration et son épuration (raffinage) obligent les raffineries à utiliser des substances très polluantes comme l’anhydride carbonique sodium ou l’acide sulfurique. Les sucres blancs « bio » sont ainsi très marginaux et non vendus aux particuliers.
- Le sucre roux :
- Mais attention ! La plupart du temps, les sucres dits "roux" ne sont que des sucres blancs parfumé avec du caramel ou de la mélasse. Ils ne sont donc pas meilleurs que les sucres blancs au niveau sanitaire et environnemental.
- En bio, le sucre parfois appelé roux est en fait un sucre complet, c’est-à-dire plus ou moins raffiné donc plus écolo.

- Le sucre complet :
Plus sain et sans effets néfastes sur l’environnement, le sucre complet a une saveur agréable de miel et de réglisse lorsqu'il est chauffé.
Les autres formes du sucre et ses dérivés
Classiquement utilisé « en poudre » ou « en morceaux », le sucre se retrouve dans nos rayons sous d’autres textures qui nous sont moins familières :
Le sucre glace : sucre impalpable obtenu par le broyage très fin du sucre cristallisé blanc, auquel on a éventuellement rajouté un peu d’amidon pour éviter qu’il ne coagule. Il est utilisé essentiellement pour les glaçages, décorations ou pour donner consistance à nos pâtisseries.
>> Important : vous pouvez trouver dans le commerce du sucre glace… complet ! A essayer !
Le sucre gélifiant : additionné de pectine de fruit et d’aide citrique naturel, ce sucre cristallisé est utilisé pour nos confitures ou gelées. Il permet une bonne conservation et une cuisson moins longue.
Le sucre candi : ce sucre de betterave ou de canne résulte de la cristallisation d’un sirop très pur concentré et chaud. Ses gros cristaux viennent accompagner liqueurs, grogs, infusions ou autres boissons chaudes.
La Vergeoise : ce sucre de consistance moelleuse est parfumé par la cuisson des sirops de sucre de betterave. Selon le sirop utilisé, la vergeoise sera blonde ou brune avec un arôme plus prononcé. Le sucre des ch’tis pâtissiers : tarte au sucre, spéculoos, gaufre…
Le sucre liquide : il s’agit de sucre cristallisé blanc dissout dans l'eau. Il est notamment employé dans les boissons, sirops, conserves ou confiseries.
La Mélasse: produit dérivé du raffinage du sucre de canne ou de betterave. Cette matière visqueuse contient environ 50% de sucre, de l'eau, des sels minéraux et des matières azotées. Seule la mélasse de canne à sucre est destinée à la consommation humaine pour certaine pâtisserie ou la fabrication de rhum.
Si elle est moins calorique que le saccharose, elle «sucre» cependant moins. Cet édulcorant naturel peut également être extrait de fruits comme le raisin ou le caroube.
Le sucre, du Nord au Sud
Le sucre : c’est un chiffre d’affaires mondial de 75 milliards de dollars par an, ce sont 18 millions d’agriculteurs et 1,8 million d’ouvriers employés dans 113 pays avec en tête :- L’Inde
- Le Brésil
- Les U.S.A
- La Chine
- La Thaïlande, le Mexique, l’Australie et… la France.
Premier producteur mondial de sucre de betterave, la France est ainsi le 8e producteur mondial de sucre avec plus de 4 millions de tonnes de sucres produites (dont 6% de canne).
Comme le café , le cacao ou le thé , le sucre constitue une source importante de revenus pour certains pays producteurs du Sud. Par exemple, il représente pour Cuba 70% du total de ses exportations.
Malheureusement, sa culture et son commerce rendent les conditions de vie difficiles pour de nombreux travailleurs saisonniers ainsi que pour les travailleurs de raffinerie exposés à la pauvreté et l’insalubrité dans ces pays :
Pour cultiver intensivement la canne à sucre, des engrais et pesticides chimiques sont massivement employés. Très pollueurs, ils peuvent être la cause de problèmes de santé chez les coupeurs exposés.

Les vertus du sucre équitable
Le sucre équitable est acheté directement des coopératives de petits producteurs qui en reçoivent un prix de 3 à 4 fois plus élevé que sur le marché conventionnel où le sucre se transige à la bourse.Ce meilleur prix leur permet d’améliorer leurs conditions de vie et leur autonomie.
De plus, le sucre équitable, en poudre ou en morceau, est la plupart du temps un sucre de canne non raffiné (complet). Ses vitamines et sels minéraux sont donc conservés et son impact environnemental est moindre : 79% du sucre équitable vendu en France est biologique.
Pour plus d’information, n’hésitez pas à regarder la vidéo « Du sucre et des hommes » , nous montrant le quotidien d’une coopérative productrice de sucre de canne située au Costa Rica et répondant aux normes du commerce équitable.
Des qualités inattendues
Faîtes vous un petit plaisir sucré … sous la douche ! Après nos plats, le sucre investit les cosmétiques : gommage, exfoliant, masque de soin, etc.Un gommage 100% naturel pour le visage ? Rien de plus facile : mélangez une cuillère à soupe de miel avec une cuillère à café de sucre en poudre dans votre main. Pour le corps ? Du sucre imbibé d’huile d’olive…
Le sucre permet également de produire des… biocarburants ! En France, 24 000 ha de champs de betteraves sont cultivés pour obtenir du bioéthanol. 100 kg de sucre = 60l d’éthanol. Le bioéthanol est mélangé à haute teneur (jusqu’à 5%) à l'essence pour être utilisé dans des moteurs essence.
En France, on le fait réagir avec de l'isobutène pour l’incorporer à l'essence à hauteur de 15 % et constituer l'essence sans plomb.
Encore plus étonnant : le fabricant d’électronique, Sonny, a mis au point en 2007 une pile écologique qui fonctionne avec… du sucre ! Montées en série, quatre de ces bio-piles peuvent alimenter un baladeur MP3 en électricité avec une capacité de production 50 milliwatts l’unité. Sa date de commercialisation n’a cependant pas encore été annoncée.
Le sucre, l’énergie renouvelable du futur ?


