La décroissance en pleine croissance

Le renoncement à la consommation ne va cependant pas de soi. Beaucoup ont du mal à consommer moins. Ainsi, aux USA par exemple, l’acteur Bill Talen, qui s’est transformé en véritable prêcheur qui exhorte les Américains à moins consommer, rencontre un succès très mitigé. Choqué par la surconsommation et en récation au gaspillage ambiant, il veut convertir ses concitoyens à un autre mode de vie.
Le mouvement de don qui se manifeste aux USA avec le site de don freecycle ou en France avec un site comme consorecup.com reflète cette tendance qui consite à ne pas toujours acheter du neuf. consoGlobe en permettant soit d’acheter des produits écologiques soit d’acheter d’occasion , ou d’échanger, ou de donner ou de louer va dans le sens de cet habitant de New York qui a survécu une année sans rien acheter (www.noimpactman.typepad.com)
La décroissance est un concept pro-environnement
Le mouvement de la décroissance est souvent favorable à l’écologie car il prône la réduction de l’empreinte écologique de chacun. Prenons l'exemple de la France : son empreinte écologique est de 3 planètes. Cependant, de nombreux économistes y voient un danger pour les économies modernes si celles-ci ne s’adaptent pas à une création de richesse plus qualitative et moins quantitative. A court terme, certains considèrent le boycottage de la consommation via l’achat comme non citoyen et comme dangereux pour tous. Néanmoins, la surconsommation de ressources à l’échelle mondiale ne peut continuer et il faudra que l’humanité trouve une manière de s’épanouir en consommant mieux et en préservant ses ressources. C’est tout le développement durable, dont finalement la décroissance n’est qu’un des aspects possibles.

CITATIONS
« Opposer écologie et croissance est une bêtise intellectuelle profonde. En réalité on ne peut pas améliorer l'environnement sans croissance. Ce n'est pas la croissance qui pollue, c'est la production. Si on veut changer la nature de la production il faut évidemment croître. Croître autrement, pour transformer la production. »
Jacques Attali, Europe 1, 24 octobre 2007.
« La croissance, ça veut dire la liberté. La circulation aérienne c’est d’abord le tourisme… Peut-on empêcher les hommes de découvrir le monde ? IUl ne faut pas trop pénaliser cette iberté. Mais il faut résussir des réductions de consommations spécifiques qui permettent de compenser la croissance de la demande et au-delà. La réponse est dans la technologie, donc dans l’innovation »
Francis Mer, président du conseil de surveillance de Safran.
« La décroissance est donc un impératif de survie. Mais elle suppose une autre économie, un autre style de vie, une autre civilisation, d'autres rapports sociaux. En leur absence, l'effondrement ne pourrait être évité qu'à force de restrictions, rationnements, allocations autoritaires de ressources caractéristiques d'une économie de guerre. La sortie du capitalisme aura donc lieu d'une façon ou d'une autre, civilisée ou barbare. »
André Gorz, philosophe et militant de la décroissance
