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20Minutes – Planète : Qui sont les éco-résistants ?

20Minutes - Planète : Qui sont les éco-résistants?

SEMAINE DU DEVELOPPEMENT DURABLE – Ils refusent de consommer bio, équitable, éthique, et vont à l’encontre de la «consom’action» : portraits d’éco-résistants…

Ils ne mettront jamais les pieds dans un magasin bio, se fichent de l’impact de leurs achats sur l’environnement et ne veulent pas réduire leur consommation d’électricité ou d’eau. Face à la montée de la consommation responsable, thème de la Semaine du développement durable, ils résistent, encore et toujours, à la vague verte qui déferle dans les grandes surfaces. Qui sont ces éco-résistants ? Le site consoglobe.com a dressé une typologie de ces rebelles.

Les effets de la crise économique

Portrait robot de l’éco-résistant : un homme de plus de 50 ans, souvent peu diplômé, habitant dans une petite ville et à faibles revenus. Plutôt climato-sceptique, il ne veut pas changer ses habitudes de consommation pour des raisons écologiques. «L’écologie était très à la mode en 2007, notamment avec le pacte de Nicolas Hulot, analyse Jean-Marie Boucher, fondateur de consoGlobe. Mais à partir de 2008, on a commencé à voir apparaître des messages négatifs sur la consommation responsable : arrêtez de nous bassiner avec ça et de nous faire la morale.»

2008, une année marquée par le début de la crise économique, qui n’a pas été sans impact sur les bonnes intentions des consommateurs. «La crise a indéniablement marqué les comportements, reconnaît Jean-Marie Boucher. La consommation non marchande, troc, don ou prêt, s’est accélérée, parallèlement à une baisse du pouvoir d’achat qui a nui au bio, considéré comme trop cher.»

Paranos, trop intellos ou extrêmistes

Parmi les éco-résistants, plusieurs profils se dessinent. Le plus courant est l’éco-résistant des Trente glorieuses, qui a grandi dans le boom de la société de consommation et n’image pas vivre autrement qu’avec sa voiture diesel et sa maison individuelle chauffée à l’électricité. Autre grande catégorie, les éco-résistants économiques : eux disent ne pas avoir les moyens financiers d’acheter responsable et refusent de payer plus cher un produit bio ou équitable.

Moins fréquents, les «paranos» pensent que les discours sur les bienfaits du bio ou les réglementations sur les lampes fluocompactes sont des manipulations pour nous faire payer plus cher ou nous obliger à acheter de nouveaux équipements. Moins suspicieux d’un complot, les «agnostiques» doutent de la réelle efficacité des produits présentés comme respectant l’environnement. Quant aux «trop intellos», ils estiment que ce n’est pas leur petite action individuelle qui pourra sauver la planète, comme les «extrémistes» qui préfèrent ne pas consommer, ou moins consommer, plutôt que de rentrer dans le jeu des fabricants de produits «verts».

«Personne ne consomme écolo à 100 %, même les plus engagés, nuance Jean-Marie Boucher. La consommation responsable concernerait deux tiers des Français de manière régulière selon les études, mais entre les paroles et les actes il y a un écart.» Pour gagner le dernier tiers de consommateurs rétifs, Jean-Marie Boucher compte sur «la dilution du vert dans la consommation normale» : si les industriels mettent sur le marché des produits écolos, sans en faire leur principal argument de vente, les éco-résistants finiront peut-être par acheter responsable sans le savoir.

Audrey Chauvet